Macro-économie / Taux
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Recherche publique-privée : des milliards investis, des résultats encore décevants / La Cour des comptes appelle à une refonte de la stratégie d'innovation
Des moyens en hausse, un impact encore limité. La France investit massivement dans la recherche et développement (R&D), mais les retombées des partenariats entre la recherche publique et les entreprises restent en deçà des attentes. C’est le principal constat dressé par la Cour des comptes dans un rapport consacré à la recherche partenariale. Rappelons qu’en 2024, les dépenses nationales de R & D ont atteint 61,5 milliards d’euros, soit 2,2 % du produit intérieur brut. Les entreprises en assurent près des deux tiers (40,6 milliards d’euros), tandis que les administrations publiques financent 20,9 milliards d’euros. À cela s’ajoutent des dispositifs de soutien, notamment le crédit d’impôt recherche (CIR), qui devrait avoir dépassé 8 milliards d’euros en 2025.
Pour la Cour, le rapprochement entre laboratoires publics et entreprises constitue un levier essentiel pour renforcer la capacité d’innovation du pays. Les entreprises bénéficient de compétences scientifiques de haut niveau et partagent les risques liés à la recherche, tandis que les établissements publics trouvent de nouveaux débouchés pour leurs travaux et des financements complémentaires. Depuis une vingtaine d’années, l’État a multiplié les dispositifs destinés à favoriser ces coopérations. Entre 2014 et 2024, près de 19 milliards d’euros ont été investis directement dans la recherche partenariale, avec une accélération marquée grâce au plan France 2030. Les financements directs ont atteint près de 3 milliards d’euros en 2024.
Pour autant, les résultats demeurent plutôt contrastés. Oui, certaines entreprises, notamment les entreprises de taille intermédiaire, voient leur effort de recherche progresser lorsqu’elles collaborent avec le secteur public. Toutefois, les effets restent peu visibles à l’échelle nationale. La dépense intérieure de recherche des entreprises stagne depuis près de vingt-cinq ans et le nombre de nouveaux contrats de recherche entre laboratoires et entreprises ne progresse plus.
Les Sages de la rue Cambon pointent également un paysage des aides devenu particulièrement complexe. Appels à projets, crédit d’impôt, conventions CIFRE, Instituts Carnot, pôles de compétitivité, instituts de recherche technologique ou encore pôles universitaires d’innovation : ces aides se sont empilées au fil des années, sans stratégie cohérente.
Dans le rapport, on peut lire que les règles de fonctionnement de la recherche publique sont l’un des autres freins. Les activités de valorisation ou de collaboration avec les entreprises restent peu prises en compte dans l’évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs. Les mobilités vers le secteur privé demeurent limitées et les dispositifs de rémunération n’encouragent pas suffisamment les collaborations avec le monde économique.
Pour remédier à ces faiblesses, la Cour des comptes formule dix recommandations. Elle préconise notamment l’élaboration d’une véritable stratégie nationale de développement de la recherche partenariale, recentrée sur un nombre limité de priorités stratégiques. Elle plaide également pour simplifier les dispositifs de financement, améliorer leur évaluation, développer le doctorat en entreprise et de mieux reconnaître les activités de valorisation dans la carrière des chercheurs.
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