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Cette victime inattendue d’El Nino / 
Le cuivre n’échapperait pas aux conséquences de la fin d’année

Redouté sur bien des plans, la probabilité d’un épisode El Niño de très forte intensité en fin d’année est aujourd’hui pour le moins élevé. Malheureusement il semble que les conséquences ne se cantonnent plus désormais au seul volet agricole. Les spécialistes des métaux de chez Macquarie redoutent des effets délétères sur le cuivre. Le phénomène climatique pourrait en effet perturber les flux de cuivre transitant en temps normal par le canal de Panama.
Canal de Panama. Photo par DANIEL GONZALEZ / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
Canal de Panama. Photo par DANIEL GONZALEZ / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Un effet domino loin d’être évident à première vue. Pourtant Alice Fox, stratégiste matières premières chez Macquarie Group, est formelle : l’imminence d’un El Nino pour le moins coriace pourrait bouleverser le marché du cuivre. S’appuyant sur les données de National Oceanic and Atmospheric Administration, elle explique que la probabilité que le phénomène climatique soit de forte intensité entre octobre et décembre est de 81 %. Il n’est également pas à exclure qu’il s’agisse du plus puissant observé depuis 1950.

L’autre mauvaise nouvelle est que sa prolongation jusqu’au début du prochain printemps est presque assurée - de l’ordre de 97 %. Les difficultés induites dans le canal de Panama sont d’autant plus préjudiciables que ce sont des flux considérables qui y passent chaque année, de l’ordre de 250 et 300 millions de tonnes de marchandises. Un volume qui avait été largement affecté en 2023 lors de la dernière sécheresse majeure qu’a connue le passage.

 

Précédent

 

L’experte se remémore en effet que ce mois de février avait été difficile et que « les transits quotidiens ont alors été perturbés à partir de fin juillet, passant de 36 à 38 par jour en temps normal à un minimum de 22 en décembre 2023, ce qui a entraîné des files d’attente de plus de 160 navires ». Les délais d’attente étaient alors de plusieurs semaines contre quelques jours habituellement. À moins d’être prêt à passer à la caisse, au mois de novembre une entreprise pétrochimique japonaise aurait déboursé près de 4 millions de dollars pour s’assurer une traversée.

Une somme non négligeable à laquelle il faut adjoindre les frais habituels pour près de 1 million de dollars. Les dernières évolutions ne sont pas rassurantes, cependant Alice Fox considère qu’il y a encore de la marge étant donné « qu’aucune restriction de transit n’a encore été imposée, et cela ne devrait pas être le cas tant que la limite de tirant d’eau ne sera pas inférieure à 45 pieds - 49,5 pour l’heure ndlr - ». Dès lors que ce seuil sera atteint le cuivre raffiné acheminé vers le nord depuis le Chili et le Pérou serait à la fois retardé et verrait leurs prix grimper en flèche.

 

Double peine

 

Parmi tous les volumes transitant par Panama, les métaux et minerais représentent pour 4 % et le cuivre, le minerai de fer et le zinc comptent ensemble pour 71 % de cette sous catégorie. La hausse des coûts affecterait essentiellement les États-Unis qui sont friands du cuivre en provenance de ces géographies. Les importateurs pourraient bien se trouver dans une situation difficile puisque chez Macquarie on rappelle qu’il « n’y a pas eu de mise à jour concernant les droits de douane sur le cuivre au titre de la section 232 depuis l’expiration, fin juin, du délai prévu à cet effet, et nous notons que la mise à jour prévue dans un délai de 180 jours sur les droits de douane applicables aux minéraux critiques, qui devait intervenir avant le 13 juillet, s’est également écoulée sans aucune annonce ».

Une annonce sur le cuivre peut tomber à tout moment ou bien mettre des semaines à se concrétiser. Une situation inconfortable qui aurait permis à la Maison Blanche de réussir son pari, de constituer un stock et ce sans avoir à le financer. Cette ambiguïté sur la temporalité des droits de douane aurait poussé un certain nombre d’acteurs à la prudence et laisse à penser que les « flux de métal continueront d’affluer vers les États-Unis tant que les conditions économiques resteront favorables ».

 

 

 

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