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Stellantis ne semble pas encore convaincre les marchés / La reprise s'observe en Amérique du Nord
À première vue, les résultats trimestriels de Stellantis envoient de vrais signaux d’assurance quant à son redressement. En difficulté depuis quelque temps, le constructeur automobile a réalisé un chiffre d’affaires net de 43,5 milliards d’euros sur les mois d’avril à juin, en hausse de 13 % par rapport au deuxième trimestre de 2025, principalement grâce à une hausse des livraisons de 10 %. Dans la lignée de ses indicateurs du premier trimestre, la progression a été particulièrement soutenue en Amérique du Nord, dont le retour à la croissance et à la profitabilité a été érigé en priorité par son directeur général Antonio Filosa, au cœur de son nouveau plan stratégique, « FaSTLane 2030 ».
La région a ainsi vu son chiffre d’affaires progresser de 32 % sur un an au deuxième trimestre, à 18 milliards d’euros, à la faveur de ventes en hausse de 6 % (soit le quatrième trimestre consécutif de hausse d’une année sur l’autre). Les revenus nets ont grimpé de 6 % en Amérique du Sud, sont restés stables en Europe et le Moyen-Orient et l’Afrique, ainsi que l’Asie-Pacifique, enregistrent un léger recul. Le bénéfice net s’est apprécié à 300 millions d’euros au deuxième trimestre de 2026, reflétant des volumes plus élevés et une amélioration progressive de la performance opérationnelle
Dans l’ensemble, le résultat opérationnel courant s’est porté à près de 800 millions d’euros au deuxième trimestre, traduisant une marge opérationnelle de 1,8 %, en progression de 120 points de base sur un an. Celle de l’Amérique du Nord a grimpé à 1,6 %, en hausse de 480 points de base. Seule celle de l’Europe reste en territoire négatif au deuxième trimestre (- 0,6 %). Enfin, le groupe a dégagé 1 milliard d’euros de free cash-flow industriel. Soit un milliard d’euros de plus qu’au deuxième trimestre de 2025, en dépit d’une sortie de cash de 300 millions d’euros liée aux charges exceptionnelles du deuxième semestre de 2025.
Le consensus attendait des signaux plus clairs
Malgré cette publication solide, Stellantis figure parmi les plus fortes baisses du CAC 40 depuis l’ouverture de la séance, reculant encore de plus de 5 % cet après-midi. Les résultats sont en effet, sur certains points, ressortis inférieurs aux attentes des marchés, eux qui semblent encore avoir besoin d’être rassurés quant au plan de relance d’Antonio Filosa. Certes, le patron du groupe souligne régulièrement que l’amélioration de la santé financière et des indicateurs commerciaux de l’entreprise sera graduelle, et les difficultés auxquels font face l’ensemble des constructeurs européens sont un fait.
Mais le consensus des analystes en attendait plus, ou du moins des signaux de reprise plus marqués : la marge du deuxième trimestre est ressortie sous les attentes, plus particulièrement du côté de celle de l’Amérique du Nord, qui cristallise les attentions, attendue à 2,6 %. « Bien qu’il soit à première vue rassurant avec un montant de 1 milliard d’euros, la qualité du free cash-flow du deuxième trimestre semble moins convaincante, car il a bénéficié d’une intensité des dépenses d’investissement exceptionnellement faible et d’évolutions favorables du fonds de roulement, ce qui limite sa représentativité quant à la capacité sous-jacente du groupe à générer de la trésorerie », ajoute aussi le cabinet Oddo BHF. Les Capex ont été réduits de 6,8 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre de 2025 à 4,2 % sur les mois d’avril à juin, calcule le bureau d’études. Le manque d’élan en Europe est aussi relevé par les analystes, puisque le consensus s’attendait à une marge négative certes, mais à hauteur de 0,3 %. « Nous conservons une position prudente vis-à-vis de Stellantis (neutre), car nous estimons que les résultats du deuxième trimestre confirment une nouvelle fois que le redressement mettra du temps à se concrétiser et pourrait tempérer les espoirs d’une reprise accélérée, en particulier en Amérique du Nord », observe le bureau.
« Alors que le déploiement de notre stratégie FaSTLAne 2030 est bien engagé et que les lancements de nouveaux produits prévus cette année sont réalisés dans les délais et conformément à nos attentes, nous restons confiants dans notre capacité à atteindre nos objectifs financiers 2026 », a en tout cas indiqué Antonio Filosa. Soit des revenus nets en progression « mid-single digit », une marge opérationnelle à un chiffre en bas de fourchette, et des free cash-flow industriels en progression (incluant une sortie de cash prévue de 2 milliards d’euros relative aux charges exceptionnelles de la fin d’année dernière), qui sont attendus positifs dès 2027. La performance, au second semestre, devrait être davantage concentrée sur le quatrième trimestre, pointe Stellantis, en raison des arrêts de production de l’été au troisième trimestre et de l’amélioration continue des performances opérationnelles.
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