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Vallourec continue de mettre ses capacités d’adaptation à exécution / Des résultats et des actionnaires soignés

Le spécialiste des tubes sans soudure a maintenu sa rentabilité à un haut niveau et terminé le premier semestre sur une forte position de trésorerie. Si les conséquences du conflit au Moyen-Orient vont contribuer à réduire le résultat d’exploitation brut par tonne au trimestre prochain, ses prévisions de volumes ne misent pas sur un potentiel dénouement de la situation. En parallèle, ses offres dans la géothermie de pointe ont rencontré leur succès, tandis que les actionnaires du groupe seront gratifiés d’un dividende intérimaire au mois d’août.
Philippe Guillemot, président-directeur général de Vallourec.  (Photo by ROBERTO PFEIL / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Philippe Guillemot, président-directeur général de Vallourec. (Photo by ROBERTO PFEIL / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Vallourec s’en tient à ses promesses. Le spécialiste des tubes sans soudure publie ce jeudi un résultat brut d’exploitation (RBE) de 190 millions de dollars – il exprime désormais ses résultats en devise américaine – pour le deuxième trimestre, se situant au point médian de sa fourchette prévisionnelle. Il recule de 9 % sur un an, en raison d’une contribution plus faible du segment des mines et des forêts, ainsi que de l’absence de contribution de Serimax (à hauteur de 16 millions d’euros, cédé en juillet dernier) a aussi joué. La marge brute d’exploitation s’est légèrement améliorée pour se fixer à 21,4 %. Le RBE par tonne du segment tubes, le coeur de son réacteur, a progressé de 31 % sur un an pour s’établir à 722 dollars par tonne.

La conversion du RBE en trésorerie a poursuivi son amélioration, pour atteindre plus de 60 % au cours du deuxième trimestre. Ainsi, Vallourec termine son premier semestre sur une position nette de trésorerie de 183 millions de dollars. « Il faut remonter à 2009 pour observer ce niveau-là. Dans l’ensemble, nos résultats démontrent la résilience de notre modèle, notre capacité à nous diversifier et à créer de nouveaux marchés », se félicite Philippe Guillemot, président-directeur général du groupe, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Des actionnaires bien reçus

 

En parallèle, à la fin du mois de juin, le groupe a finalisé son programme de rachat d’actions lancé en janvier – lui qui n’avait, avant 2025, pas versé de retour à ses actionnaires depuis 10 ans. Le redressement du groupe ayant été mené et achevé, Vallourec avait annoncé en début d’année qu’ils seraient gratifiés d’une distribution de près de 650 millions d’euros sur l’année 2026, dont 110 millions d’euros ont été alloués à ce programme de rachat d’actions. « Nous n’avons pas utilisé la totalité du mandat donné pour ces rachats d’actions. Le solde sera retourné aux actionnaires dans le cadre d’un dividende intérimaire exceptionnel, qui sera versé le 5 août et qui nous positionne parmi les têtes de liste du SBF 120 en termes de rendement », précise Philippe Guillemot.

 

Les conséquences du conflit au Moyen-Orient

 

Vallourec, dont les premiers débouchés sont les industries du pétrole et du gaz, est logiquement exposé aux répercussions du conflit au Moyen-Orient. Pour le troisième trimestre, le groupe prévoit un RBE du même ordre qu’au deuxième trimestre, entre 170 et 210 millions de dollars. Pour son segment de tubes (l’écrasante majorité de son activité, avec une production de 244 milliers de tonnes vendues sur ce plan au deuxième trimestre contre 1,2 pour le minerai de fer), les volumes devraient grimper, tandis que le RBE par tonne devrait se réduire par rapport au deuxième trimestre de 2025. Ceci pour deux raisons : « La première raison, c’est que l’on commence à voir, dans les comptes, des surcoûts liés à la logistique au conflit au Moyen-Orient. Ils sont en cours de négociations avec les clients, mais pas encore totalement compensés. Ils le seront lors des trimestres à venir. Ensuite, le mix est un peu différent », explique Philippe Guillemot. L’industriel sert en effet deux clients majeurs dans la zone, Aramco (avec une empreinte industrielle locale), et Adnoc, aux Émirats arabes unis, que le groupe livre grâce à des routes alternatives.

L’entreprise met ainsi en avant ses capacités d’adaptation face à la situation géopolitique dans la région qui a représenté environ 22 % de son activité au deuxième trimestre. « Le conflit pourrait continuer de durer, cela n’impacterait pas ce nous prévoyons de délivrer au troisième trimestre. Nos prévisions de hausse de volumes ne dépendent pas d’une réouverture du détroit d’Ormuz, celle-ci ne ferait qu’accentuer la tendance. Et je pense qu’il ne s’agit que d’une question de temps pour que tous les pays de la région s’organisent, afin de ne plus en dépendre. Quoi qu’il en soit, Aramco et Adnoc continuent d’opérer à fort niveau et poussent même les feux, puisqu’ils peuvent vendre leur pétrole à un prix du baril qui est élevé », assure Philippe Guillemot.

Le premier marché de Vallourec reste les États-Unis, et la situation y apparaît plus prometteuse. Ses actifs ont été utilisés à plein régime au premier semestre, grâce à la hausse du niveau d’activité et du volume restreint des importations en raison des barrières tarifaires sur l’acier et l’aluminium. Les prix de marché ont poursuivi leur hausse, soutenue par l’amélioration des fondamentaux de son marché, tandis que les stocks sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement sont inférieurs à leur moyenne des cinq dernières années.

 

Des signaux pour la suite

 

Dans l’ensemble, sur les marchés internationaux, une forte dynamique s’observe dans les appels d’offres. « L’activité offshore tourne à plein régime : nous avons, en six mois, presque enregistré les prises de commandes que nous pensions faire sur l’année. Cela est logique dans une certaine mesure, car tous les pays cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Les États-Unis exportent plus que jamais, Petrobras a un niveau de production record au Brésil et en Afrique, un certain nombre de projets dans les cartons apparaissent encore plus justifiés aujourd’hui », ajoute Philippe Guillemot. Pour accompagner les développements du portefeuille des projets offshore en eaux profondes et ultra-profondes de ses clients, Vallourec maintient ses investissements dans des technologies avancées pour muscler son offre. Ceci s’est notamment traduit par des succès commerciaux au deuxième trimestre, avec des contrats remportés au Brésil, au large de l’Angola ou au Guyana.

Le premier semestre a aussi été marqué par des contrats de taille dans les débouchés que Vallourec développe dans les nouvelles énergies, plus particulièrement dans la géothermie avancée qui nécessite des tubes de pointe. De fait, l’explosion des data centers aux États-Unis en supporte la demande, comme a pu en témoigner l’accord pluriannuel signé avec Fervo Energy, afin d’appuyer le développement d’un nouveau centre de données de Meta. « Ces développements ont trouvé un marché plus rapidement que prévu. Dans les six mois qui viennent, nous allons vendre deux fois plus de tubes premium pour ces applications que nous ne l’avons fait sur les 12 derniers mois », précise Philippe Guillemot. Au groupe d’indiquer qu’il estime, d’ici à 2030, que le marché de la géothermie pourrait atteindre une taille comparable à celle des tubes dédiés à l’industrie pétrolière et gazière en Amérique du Sud ou en Afrique. En attendant, Vallourec garde le cap sur son objectif que ses solutions dédiées aux nouvelles énergies – également composées d’hydrogène vert et de captage de CO2 – représentent 10 à 15 % de son Ebitda à la fin de la décennie.

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