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Macro-économie / Taux

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L’économie française relève la tête / Une éclaircie encore fragile

L'économie française a renoué avec une légère croissance au deuxième trimestre 2026, après un début d'année dans le rouge. Portée avant tout par le redressement de la consommation des ménages, cette reprise reste toutefois fragile : l'investissement continue de reculer et les effets du choc énergétique lié à la guerre en Iran comme de la canicule se font sentir sur plusieurs pans de l'activité.
Photo par RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Comme prévu, l’économie française a fait son retour en territoire de croissance au deuxième trimestre. Après avoir reculé de 0,1% au premier trimestre, son Produit intérieur brut (PIB) en volume a augmenté de 0,2% entre avril et juin, d’après les données publiées par l’Insee. Sur le semestre, nous sommes en présence d’une stagnation (+0,02 % comparativement au dernier trimestre 2025).

Ce rebond du PIB s'explique principalement par celui de la demande intérieure. Celle-ci avait contribué négativement à la croissance au premier trimestre (-0,2 point), elle apporte cette fois une contribution positive de +0,1 point. Des contributions importantes, mais de sens opposé, s’observent pour le commerce extérieur et des variations de stocks. En effet, le commerce extérieur rebondit avec une contribution positive, alors qu'elle était fortement négative le trimestre précédent. Cette amélioration est toutefois intégralement compensée par un mouvement inverse sur les variations de stocks.

« On retrouve ici des évolutions déjà observées tout au long de l'année 2025, liées notamment aux livraisons d'avions et de navires. Les trimestres où ces livraisons interviennent, elles contribuent positivement au commerce extérieur. À l'inverse, lorsqu'elles n'ont pas lieu, la production est maintenue mais reste stockée, ce qui se traduit par une hausse des stocks », explique Marie Leclair, cheffe du département des comptes nationaux à l’Insee. C'est ce mécanisme qui explique ces mouvements en miroir entre commerce extérieur et variations de stocks.

« Ainsi, puisque ces deux effets se compensent, le rebond de l'activité provient essentiellement de la demande intérieure », indique l’économiste.

Dans le détail, la consommation des ménages progresse de 0,2 %, après avoir reculé de 0,3 % au trimestre précédent. Au sein de cette consommation, les biens manufacturés sont dynamiques, notamment les achats de voitures par les ménages. « De manière plus ponctuelle, les achats de téléviseurs ont également progressé en juin, un phénomène relativement habituel lors des grandes compétitions sportives comme la Coupe du monde », rapporte Marie Leclair. Les dépenses d'habillement progressent également. Les services sont aussi orientés à la hausse. Les services récréatifs sont particulièrement dynamiques, tandis que l'hébergement-restauration rebondit.

À l'inverse, on observe un recul de la consommation de services de transport aérien, des dépenses alimentaires ainsi que des dépenses énergétiques, en particulier des carburants, en lien avec la forte hausse des prix consécutive à la situation géopolitique.

Point noir concernant la demande intérieure : l'investissement (administrations publiques, entreprises, ménages) continue de reculer. Il a baissé de 0,3 %, après avoir chuté de 0,8 % au trimestre précédent. Cette diminution est principalement liée à un nouveau recul de l'investissement dans la construction, en particulier dans les bâtiments et les travaux publics. A noter que l’investissement des entreprises croît, lui, à hauteur de 0,1% après une baisse de 0,5% au premier trimestre.

Alors que la France a été confrontée à un choc énergétique lié à la guerre en Iran et à une canicule au deuxième trimestre, comment cela s’est-il traduit dans les comptes nationaux ? « La consommation de produits pétroliers diminue. Nous constatons aussi un recul de la consommation des services de transport aérien, ainsi qu'une baisse des dépenses des touristes étrangers en France et, dans une moindre mesure, de celles des touristes français à l'étranger », souligne Marie Leclair.

S'agissant des retombées de la canicule, on peut constater une baisse de la production agricole. À la fin du deuxième trimestre 2026, l'acquis de croissance de la production agricole pour l'ensemble de l'année s'établit à -1,1 %. « Nous observons également une hausse de la consommation d'électricité des ménages au cours du mois de juin. Enfin, de manière plus anecdotique, certains mouvements de consommation alimentaire peuvent être liés aux fortes chaleurs. C'est notamment le cas des boissons non alcoolisées, dont la consommation augmente, ainsi que des glaces », indique Marie Leclair.

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