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exclusif Euronext : une croissance menée (de nouveau) tambour battant / Exécution et diversification continuent de faire recette

EXCLUSIF. L’opérateur boursier paneuropéen signe son neuvième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres, porté par tous ses segments d’activité, liés aux volumes ou non, et par l’exécution rigoureuse de ses développements stratégiques. Un nouveau rendez-vous important sera à noter en septembre, tandis que les avancées récentes et attendues sur l’Union de l’épargne et de l’investissement sont aussi de bon augure.
Stéphane Boujnah, président du directoire et directeur général d'Euronext. Crédits : Euronext, Charlène YVES
Stéphane Boujnah, président du directoire et directeur général d'Euronext. Crédits : Euronext, Charlène YVES

Euronext ne relâche pas la cadence : l’opérateur boursier paneuropéen publie jeudi, pour le neuvième trimestre consécutif, une progression de ses indicateurs à deux chiffres. Son chiffre d’affaires est en hausse de 16,9 % sur un an, à 544,4 millions d’euros, tandis que son EBITDA ajusté a progressé de 21,1 %, à 360 millions d’euros, dégageant une marge de 66,1 %, en hausse de 2,3 points. Son résultat net a quant à lui bondi de 19,9 %, à 245 millions d’euros, pour une progression du même acabit de son bénéfice par action, à 2,42 euros. « Euronext n’a jamais été dans une situation financière et stratégique aussi forte. Notre performance opérationnelle est excellente, mais pas de manière exceptionnelle : quand la croissance à deux chiffres se reproduit depuis neuf trimestres, ce n’est pas de la chance. Ce succès n’est pas uniquement lié à des circonstances de volatilité sur les marchés, il repose avant tout sur notre discipline d’exécution et sur la stratégie de diversification de nos activités. Certes, les activités liées aux volumes ont augmenté de près de 20 %, mais celles qui ne le sont pas ont aussi progressé de plus de 15 % », explique Stéphane Boujnah, président du directoire et directeur général d’Euronext, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

« Nous avons construit une machine à résoudre les problèmes de nos clients, et à délivrer de la profitabilité à nos actionnaires, avec une continuité dans la maitrise des coûts », poursuit-il. La base de coûts du groupe, de 184,4 millions d’euros, a augmenté de 9,5 % sur un an, en ligne avec ses prévisions. L’augmentation est liée à ses investissements de croissance et à la transformation de son périmètre, après des acquisitions structurantes réalisées l’an passé, comme celle d’Admincontrol et de la Bourse d’Athènes. La situation bilancielle reste de son côté solide, avec un ratio de dette nette sur EBITDA de 1,3 fois, en ligne avec les objectifs de son plan stratégique à l’horizon 2027, « Innovate for Growth ».

 

Au-delà des marchés actions

 

Dans l’ensemble, les performances d’Euronext trouvent effectivement leur origine dans une multitude de moteurs, puisque toutes les activités du groupe affichent des taux de croissance à deux chiffres. Il est vrai que les marchés actions ont été agités sur les derniers mois, sous l’effet du conflit au Moyen-Orient notamment. Les activités de négociation et de compensation qui y sont liées ont progressé de près de 25 %, à 132,7 millions d’euros, soutenues à la fois par la volatilité, mais aussi par une croissance solide des ETFs ou encore par la performance dynamique d’Euronext Athènes.

« Il n’y a pas que les actions qui ont bien performé », pointe Stéphane Boujnah. Dans les activités liées aux volumes, celles dites FICC (Fixed Income, Commodities and Currencies) ont notamment grimpé de 12,3 %, à 98,4 millions d’euros, profitant par exemple de l’expansion internationale de MTS, la plateforme de trading obligataire reprise dans le cadre de l’acquisition de Borsa Italiana : « Au deuxième trimestre, les volumes échangés sur les dettes souveraines non Italiennes étaient équivalents aux volumes échangés sur MTS lorsque nous avons racheté la société il y a cinq ans », indique Stéphane Boujnah. À cette progression s’ajoute un autre développement majeur, en France. Euronext a en effet été désigné par l’Agence France Trésor comme l’administrateur officiel des principaux indices de référence du marché de la dette souveraine française, basés sur les données de MTS. « C’est un développement significatif pour le groupe, dans un contexte où la dette de la France a dépassé 3 600 milliards d’euros, où le montant des programmes d’émissions tourne autour de 350 milliards d’euros cette année et où les conditions de nos déficits font que 2027 sera aussi une année dynamique en termes d’émission obligataire pour l’État, ainsi que de refinancement », observe le président d’Euronext.

Un « momentum de diversification » qui se lit donc à plusieurs égards, Stéphane Boujnah citant également les activités de trading d’électricité dans la région nordique tutoyant des niveaux historiques, ou encore la pleine intégration depuis le mois de mars des clients de l’ex-Nordic Power Futures de Nasdaq. « Nous avons une part de marché qui se situe entre 92 % et 95 % dans la région nordique et baltique. Nous avons réussi à ajouter au marché spot de l’électricité, où nous étions très présents, un nouveau marché dérivé », souligne-t-il.

 

Un marché qui attire

 

Les revenus décorrélés des volumes (58 % du chiffre d’affaires) ne sont pas en reste. Les « securities services » ont par exemple progressé de 12,5 %, à près de 97 millions d’euros, tandis que les « capital markets et data solutions » ont vu leurs revenus s’apprécier de 17,2 %, à 194 millions d’euros, sous l’effet notamment de l’intégration d’Admincontrol ou du dynamisme des primary markets (+ 16,4 %, à 54,2 millions d’euros). Ceci grâce à une dynamique d’admission sur les marchés et de transactions de follows-on record depuis 2023, en dépit de la volatilité des marchés. Au premier semestre, Euronext a capté 27 % des nouvelles admissions en Bourse en Europe et 67 % des montants levés. « Sans compter les introductions en Bourse de juillet qui ont été assez nombreuses, nous avons enregistré 23 nouvelles cotations au premier semestre, contre 11 sur le London Stock Exchange ou 6 sur Deutsche Börse. Surtout, nous accueillons la majorité des introductions en Bourse en Europe de sociétés qui ne sont pas établies dans un pays où Euronext opère le marché réglementé, que ces sociétés soient établies dans d’autres pays européens ou en dehors d’Europe. Tout simplement parce qu’Euronext est le marché actions le plus profond et le plus liquide d’Europe, avec une taille aujourd’hui au moins deux fois supérieure au marché actions de Londres », assure Stéphane Boujnah.

L’acquisition de la Bourse d’Athènes a d’ailleurs contribué à cette dynamique, en accueillant l'introduction en Bourse d'une compagnie maritime internationale ou la plus grande augmentation de capital réalisée dans le pays depuis plus d’une décennie. « La diversification géographique fonctionne aussi », relève Stéphane Boujnah. « Mois après mois, l’acquisition de la Bourse d’Athènes se révèle être une opération judicieuse. Non seulement les volumes d’actions échangés y sont en très forte croissance, mais la perspective que les marchés actions grecs rejoignent en juin 2027 le bassin de liquidité, le carnet d’ordres et la plateforme technologique uniques d’Euronext attire des investisseurs et des émetteurs ».

 

Les prochaines échéances attendues

 

Le mois de septembre sera le prochain grand rendez-vous pour Euronext, avec le lancement de son offre de dépositaire central pour les marchés d’Amsterdam, Bruxelles et Paris. Un projet autour d’Euronext Securities, capital dans le plan stratégique du groupe. « Cette proposition de valeur repose sur une technologie plus performante, une intégration plus fluide et une proposition commerciale plus compétitive », précise Stéphane Boujnah. Et pour la suite de l’année, certaines perspectives de franchissement d’étapes importantes pour l’Union de l’épargne et de l’investissement européenne se dessinent également, après la première proposition de la Commission européenne en fin d’année dernière d'un texte pour l’intégration des marchés financiers.

Le sujet profite d’un portage politique assumé des six plus grandes économies européennes, les E6, puisque les ministres des Finances de la France, de l’Espagne, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas et de la Pologne, prennent ouvertement position en ce sens et se sont accordés sur des chantiers prioritaires. « C’est un alignement sans précédent. Ils représentent environ 73 % du produit national brut de l’Union européenne, 70 % de sa population et sont absolument déterminés à trouver une solution », indique Stéphane Boujnah, qui voit trois grands avantages à ce que ce texte puisse être adopté dans les meilleurs délais : « La supervision unique, qui est la partie émergée de l’iceberg, représenterait bien moins de coûts d’exploitation pour Euronext, nous permettrait de gagner en cohérence et en agilité pour lancer de nouvelles offres. Cela serait une source de simplification opérationnelle majeure », indique-t-il. « Mais l’intégration des marchés représentera aussi de nouvelles possibilités pour faciliter la participation des investisseurs privés. Enfin, tous les efforts entrepris pour réorienter les flux vers les marchés transparents, avec un carnet d’ordres, vont contribuer à augmenter les flux vers les marchés d’Euronext mais aussi, dans la durée, rendre l’investissement en capital de plus en plus pertinent », conclut le président d’Euronext.

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