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Bureau Veritas aborde 2026 avec plus de clarté, les marchés apprécient / Le groupe continue de sculpter son profil

Le géant français des tests, de l’inspection et de la certification renoue avec les prévisions annuelles de croissance qui avaient été établies lors de sa publication annuelle, à la faveur de ses performances semestrielles, d’un pipeline solide et d’un portefeuille d’activité recentré, après la prise en compte de sorties d’activité engagées - dont l’une a permis d’éclaircir un point d’attention. La composition de sa croissance éclaire les premiers fruits récoltés de l’exécution de son plan stratégique, désormais à mi-chemin, tandis que son modèle diversifié lui permet aussi de faire face aux turbulences géopolitiques.
Bureau Veritas.  (Photo par ERIC PIERMONT / AFP)
Bureau Veritas. (Photo par ERIC PIERMONT / AFP)

Une séance dans le vert pour Bureau Veritas. Le géant français des tests, de l’inspection et de la certification grimpe en flèche mercredi à la Bourse de Paris, parmi les plus fortes hausses du CAC 40 : son titre s’apprécie toujours d’environ 8 % cet après-midi, par rapport à la clôture de la veille. Une réaction prenant la suite de sa publication semestrielle, ressortie au-dessus des attentes des analystes financiers et à l’occasion de laquelle le groupe a choisi de relever certaines de ses prévisions annuelles – elles qui avaient été, à l’inverse, revues à la baisse à la fin du premier trimestre. Désormais et comme initialement prévu lors de ses résultats annuels, Bureau Veritas prévoit une croissance organique modérée à élevée à un chiffre de ses revenus. L’entreprise tablait jusqu’ici sur une croissance seulement modérée. Le reste des perspectives reste inchangé, soit une marge opérationnelle ajustée en amélioration à taux de change constants, ainsi que des flux de trésorerie maintenus à un niveau élevé.

 

Trois raisons

 

Cette révision a plusieurs racines : les performances semestrielles, un pipeline robuste, ainsi que le recentrage du portefeuille du groupe, incluant la sortie programmée de deux activités qui améliorera son profil de croissance et de rentabilité dans le cadre de l’exécution de son plan stratégique « Leap 28 ». Son objectif final ? Renforcer ses positions de leader, créer de nouveaux bastions de croissance et optimiser la valeur de ses activités matures. « Il s’agit, avec cette stratégie, de changer durablement la qualité et la composition de notre portefeuille d’activités », a rappelé la directrice générale de Bureau Veritas, Hinda Gharbi, lors de la présentation des résultats à la presse.

En parallèle des cinq acquisitions annoncées depuis janvier (pour 138 millions d’euros de revenus en rythme annualisé, notamment dans les data centers, les semi-conducteurs et les essais technologiques de biens de consommation), Bureau Veritas a en effet acté au premier semestre la cession de ses activités d’essais et d’inspection de produits pétroliers, pétrochimiques et de charbon (450 millions d’euros de chiffre d’affaires). Une fois ces opérations finalisées, le groupe aura procédé à environ 20 % de rotation de son portefeuille depuis le lancement de "Leap 28".

À l’occasion de la publication, il a aussi confirmé sa décision de sortir intégralement du sous-segment des services aux gouvernements (185 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont la sortie se poursuivra jusqu’à la fin de l’année). Sur ce dernier point, le groupe avait été alerté d’irrégularités au sein de certains contrats au Moyen-Orient et en Afrique, avait-il annoncé au mois d’avril, ayant entraîné une provision de 32 millions d’euros au 30 juin, pour faire face à de potentielles conséquences financières en la matière. Les contrats concernés ont pris fin, et le groupe avait lancé une revue détaillée des modalités de sortie de ce sous-segment en avril. Encore floues il y a quelques mois, elles avaient contribué à sa prudence, mais les voici désormais finalisées.

 

Au-delà des agrégats

 

« Au-delà des agrégats du groupe, la composition de la croissance est particulièrement importante. Elle montre d’abord que notre modèle diversifié est résilient, et ensuite que notre développement provient de plus en plus des marchés de croissance, qui font partie de nos priorités stratégiques », a en tout cas souligné Hinda Gharbi. Dans l’ensemble, Bureau Veritas a en effet conduit une trajectoire solide au premier semestre. Son chiffre d’affaires, de 3,25 milliards d’euros, a progressé de 5 % sur une base organique, alors que le consensus attendait 4,5 %. Sa croissance s’est accélérée de manière séquentielle au deuxième trimestre (à hauteur de 5,5 %, contre une croissance organique de 4,5 % entre janvier et mars), de nouveau au-dessus des attentes du marché.

Sur le semestre, la croissance a ainsi bénéficié d’une dynamique particulière dans le domaine des actifs critiques, dans les activités Capex Pétrole et Gaz, dans les métaux et minéraux, ainsi que dans les essais technologiques pour les biens de consommation. La rentabilité du groupe s’est aussi appréciée, avec une marge opérationnelle ajustée de 15,5 %, en progression de 29 points de base à taux de change constants. Le flux de trésorerie est ressorti à un niveau élevé.

En termes de répartition géographique, l’Asie-Pacifique grimpe de 7,6 %, avec une croissance à deux chiffres en Chine, en Corée du Sud et en Inde. L’Europe progresse de 4,6 %, tandis que les Amériques affichent une croissance organique de 3,4 %, à la faveur notamment d’une activité dynamique de mise en service des data centers et des marchés de l’énergie en Amérique du Nord. Enfin, le Moyen-Orient et l’Afrique maintiennent une progression de 3,5 %, en dépit du conflit dans le Golfe Persique qui avait aussi joué dans la révision de ses perspectives en avril. Cette zone pèse à hauteur de 10 % des revenus du groupe, dont environ un tiers en Afrique, a précisé Hinda Gharbi.

 

Faire face aux imprévus

 

Bureau Veritas estime, pour l’heure, qu’environ 350 millions d’euros de revenus seraient impactés dans la région par le conflit. Présent dans 140 pays, le groupe peut néanmoins se permettre de s’appuyer sur une empreinte géographique variée et un portefeuille de services diversifiés pour pallier les impondérables géopolitiques. Au Moyen-Orient, les activités dans les services produits pétroliers et pétrochimiques ont en effet été affectées par l’arrêt des flux maritimes. Mais en dépit de certains retards observés, le reste de l’activité a fait preuve de résilience, notamment en ce qui concerne l’activité industrielle autour du pétrole ayant été soutenue. Et si le conflit entraîne des répercussions sur les cours de l’énergie et les commodités, un facteur restant à surveiller en matière d’investissements de la part des clients, le signal d’une accélération séquentielle de l’activité globale entre le premier et le deuxième trimestre reste de bon augure, a indiqué la directrice générale.

« Ce premier semestre démontre notre résilience et notre capacité d’exécution. Nous continuons de croître, d’améliorer notre marge et de recentrer notre portefeuille. […] Bureau Veritas est en train de devenir le groupe que nous voulons construire à l’horizon 2028. Un groupe davantage exposé aux grands moteurs de croissance de l’économie mondiale, plus performant, plus agile et dont le rôle devient chaque année plus essentiel car plus le monde se transforme, et plus la confiance devient indispensable », a conclu Hinda Gharbi. Alors que le groupe se situe désormais à mi-parcours de l’exécution de cette feuille de route, il donnera rendez-vous à la communauté financière le 22 septembre prochain, pour faire un point d’étape en la matière.

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