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Macro-économie / Taux

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Un greenium souverain qui existerait bel et bien / Il offre des marges de manœuvre limitées

Les obligations souveraines vertes permettent aux États d’emprunter à un coût légèrement inférieur à celui de la dette classique, selon une étude du CEPR. Mais cette décote reste trop faible pour transformer le financement de la transition climatique, même si elle s’accentue dans les pays émergents et lorsque les risques climatiques deviennent plus pressants.
Photo par MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Les obligations vertes souveraines ne sont pas la panacée. Depuis que la Pologne a inauguré fin 2016 la première d’entre elles, plus de trente États ont suivi (dont la France quelques semaines plus tard). Une nouvelle étude publiée par le Centre for Economic Policy Research (CEPR) s’est intéressée à la nature des retombées de cet instrument.

Les chercheurs Ugo Panizza, Shuyang Shi, Beatrice Weder di Mauro et Mitu Gulati ont analysé 332 paires d’obligations vertes et conventionnelles émises entre 2014 et 2023. Ils rapportent que les investisseurs acceptent un rendement légèrement inférieur pour détenir des titres estampillés "verts", un différentiel nommé « greenium ».

Les auteurs observent que cette décote est plus marquée pour les États les plus exposés aux conséquences du changement climatique ou lorsque les risques liés à la transition énergétique occupent le devant de la scène. Une hausse de la vulnérabilité climatique accroît ainsi le greenium d’environ quatre points de base, tandis qu’une montée des préoccupations autour de la transition ajoute un point de base supplémentaire. Lorsque ces deux facteurs se cumulent, la décote est plus que doublée. L’étude explique que quelques points de base de réduction sur le coût de la dette représentent des économies modestes, souvent absorbées par les dépenses supplémentaires qu’impliquent la certification, le suivi et le reporting environnemental exigés par ces émissions.

Les chercheurs soulignent également les limites du modèle actuel. Les obligations souveraines vertes reposent essentiellement sur des engagements volontaires des États. Aucun des titres analysés ne prévoit de sanctions juridiques en cas de non-respect des objectifs environnementaux annoncés. Les investisseurs doivent donc s’appuyer sur la réputation des émetteurs plutôt que sur des garanties contractuelles, ce qui limite leur disposition à accepter des rendements plus faibles.

Reste que, les auteurs estiment néanmoins que ces obligations conservent une réelle utilité. Elles contribuent à développer les marchés de la finance durable, envoient un signal positif aux investisseurs et peuvent favoriser les émissions vertes des entreprises. Elles semblent également améliorer la perception du risque souverain, en particulier lors des périodes de tensions sur les marchés.

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