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Orange voit plus grand pour 2026 / Et trace une nouvelle voie de développement pour ses data centers en France

Une croissance soutenue du chiffre d’affaires, une rentabilité qui accélère, un cash-flow organique qui grimpe : Orange a signé un premier semestre solide et décidé de relever certaines de ses prévisions annuelles à sa suite. Une nouvelle bien accueillie sur les marchés, portée par ses performances en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. En marge de cette publication, le groupe a également annoncé un accord de création de co-entreprise afin de soutenir la montée en puissance de ses data centers en France, avec le fonds d’investissement Morrison.
 (Photo de Valérie Dubois / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo de Valérie Dubois / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Orange signe un premier semestre placé sous le signe de l’accélération, et entend bien poursuivre sur cette lignée pour le reste de l’année. À la suite de la publication de ses résultats des six premiers mois de 2026 – et en prenant compte de la consolidation de MasOrange sur sept mois, dont l’acquisition à 100 % a été finalisée en juin – l’opérateur historique a décidé de relever certains de ses objectifs annuels. Il vise désormais un EBITDAaL (son principal indicateur de rentabilité) en croissance supérieure à 4 %, soit un point de plus qu’anticipé précédemment. Le groupe dirigé par Christel Heydemann prévoit aussi de générer un cash-flow organique d’environ 4,3 milliards d’euros, contre 4 milliards d’euros prévus auparavant. Ces différentes nouvelles ont été bien accueillies à la Bourse de Paris, où le titre Orange gagne plus de 4,5 % ce mardi après-midi par rapport à la clôture de la veille, en tête du palmarès du CAC 40.

Certes, les mois de janvier à juin ont, évidemment, été ponctués de plusieurs grands évènements pour le groupe. « Ce semestre est un marqueur fort de l’exécution de notre plan stratégique Trust the Future. Avec le rachat de MasOrange et la signature du protocole pour l’acquisition conjointe de SFR, nous avons franchi deux jalons majeurs de notre stratégie de consolidation en Europe et renforçons notre leadership sur nos deux premiers marchés », a commenté Christel Heydemann à l’occasion de la publication. Mais sur le plan de ses indicateurs d’activité et financiers, la période a donc aussi été au beau fixe. Orange a en effet généré un chiffre d’affaires semestriel en progression de 3,5 % sur un an à données comparables, à 20,9 milliards d’euros. Ceci grâce à la croissance des services de détail (+ 3,3 %), des ventes d’équipements (+ 7,5 %) ainsi que des services aux opérateurs (+ 2 %, ayant profité de revenus non récurrents au premier trimestre en France). L’ETBITDAaL a de son côté atteint 6,1 milliards d’euros, en croissance de 5 % sur un an.

 

Un fidèle moteur de croissance

 

Comme depuis plusieurs trimestres, cette trajectoire a été soutenue par la dynamique de l’Afrique et du Moyen-Orient, où la croissance des revenus tutoie les 14 %, à 4,6 milliards d’euros. Orange y a notamment gagné 10 millions de nouveaux clients data mobile sur la période (avec un chiffre d’affaires associé en hausse de 20,8 %), tandis que les autres moteurs de ses services de détail tournent également à plein régime, à la faveur de taux de croissance à deux chiffres. L’EBITDAaL de 1,7 milliard d’euros, en hausse de 16,1 %, signe sa meilleure performance depuis 2021.

 

Momentum commercial

 

En France, où l’opérateur a généré 8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la croissance de l’activité ressort à 1,2 %. Le deuxième trimestre aura été l’occasion de signer une performance commerciale robuste grâce à l’efficacité de sa stratégie en la matière, indique le groupe, avec de solides ventes nettes : 20 000 sur la convergence, 62 000 sur le haut-débit fixe (un niveau record depuis 2021) et 84 000 dans le mobile. Sur la fibre, la part de conquête sur les derniers trimestres reste supérieure à 40 %, indique Orange. « Notre programme de rétention performant, optimisé par l’IA, tourne désormais à plein régime, ce qui se traduit par un taux d’attrition parmi les meilleurs du marché - bien inférieur à celui de nos concurrents et à son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans », a ajouté le directeur financier du groupe, Laurent Martinez, lors de la présentation des résultats. Sur le mobile, le taux de résiliation a par exemple reculé de 1,4 point sur un an, à 10 %. Enfin, l’EBITDAaL du semestre s’est fixé à près de 3 milliards d’euros, en hausse de 2,4 %, grâce à la croissance des revenus et la poursuite des efforts d’efficacité. Les eCAPEX ont reculé de 0,7 %, à 1,4 milliard d’euros.

La tendance est plus soutenue dans le reste de l’Europe, où le chiffre d’affaires a grimpé de 4,1 % à 3,6 milliards d’euros, tout comme en Espagne (+ 2 % en juin, premier mois de pleine consolidation de MasOrange). L’EBITDAaL européen s’est apprécié de 6,1 %, à plus d’un milliard d’euros, soutenu par la dynamique des revenus et les efforts sur les coûts. Le groupe prévoit ainsi que l’indicateur y sera plus élevé que prévu au deuxième semestre, avec une croissance à un chiffre moyen. Enfin, toujours du côté des opérations, Orange Business reste plus à la peine, avec des revenus en recul de 3,1 % (à 3,5 milliards d’euros), restant pénalisé par un environnement de marché délicat. L’EBITDAaL s’érode de 6,4 %, restant à comparer à une baisse de 7,2 % lors du semestre précédent.

Au total, les eCAPEX du groupe ont représenté 15,2 % du chiffre d’affaires, en ligne avec les objectifs annuels, traduisant une légère hausse à mettre en regard des investissements réalisés en Afrique et au Moyen-Orient pour accompagner la dynamique de croissance. Enfin, grâce à la progression de son EBITDAaL, le cash-flow organique du groupe a atteint 2,2 milliards d’euros à fin juin, en hausse de près de 500 millions d’euros. Le résultat net, à 3,6 milliards d’euros, s’est quant à lui apprécié de 3,7 milliards d’euros (certains éléments exceptionnels, notamment le gain de 2,4 milliards d’euros issu de la prise de contrôle exclusif de MasOrange et du contre-effet d’une provision nette de 1,3 milliard d’euros en 2025, au titre de l’engagement lié à l’accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels en France, sont notamment à y relever).

 

Un accord pour une co-entreprise

 

Il est par ailleurs à noter qu’en marge de sa publication, Orange a annoncé avoir signé un accord d’exclusivité avec la société d’investissement néo-zélandaise spécialiste des infrastructures Morrison, afin de créer une co-entreprise de data centers, qui sera implantée en France. Elle sera co-contrôlée par les deux partenaires. Dans ce cadre, Orange apporterait cinq centres de données de taille répartis sur quatre campus dans l’Hexagone, son expertise opérationnelle et sa capacité de déploiement commercial, tandis que Morrison mobiliserait les capitaux pour soutenir la croissance de la plateforme.

La nouvelle entité s’appuierait sur un programme d’investissement de 3 milliards d’euros, « en mettant à profit les actifs existants d’Orange, l’apport en fonds propres de Morrison et de la dette », expliquent les entreprises. L’objectif sera ainsi d’appuyer le développement et la montée en puissance des data centers d’Orange, avec une capacité cible représentant près de dix fois celle à date. Dans un contexte où la demande mondiale en capacités d’hébergement rencontre un essor sans précédent, portée par l’IA, le cloud computing et le traitement des données, les deux partenaires entendent positionner la France comme un territoire de choix pour les infrastructures numériques, avec des solutions opérées sur le territoire et adaptées aux acteurs de l’IA et du cloud, assurent-ils. « Par ailleurs, Orange Business serait appelé à devenir le partenaire exclusif pour la commercialisation de ses offres de colocation et d’hébergement auprès des grandes entreprises, des PME et des acteurs du secteur public. Au-delà de la capacité d’hébergement et de stockage, cette plateforme souveraine constituerait un socle stratégique pour les solutions cloud et IA d’Orange Business, permettant à l’entreprise de fournir des services avancés et de confiance à ses clients. Les plateformes et services d’Orange continueraient d’être hébergés au sein des data centers de la coentreprise, Orange conservant le contrôle opérationnel des espaces dédiés à ses propres activités », précise Orange, ajoutant que cela garantirait aux clients d’Orange et d’Orange Business un niveau de sécurité et de disponibilité des systèmes hébergés et des données associées conformes aux standards nationaux et européens. La réalisation de l’opération est attendue au premier trimestre de 2027.

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