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Macro-économie / Taux

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Productivité : les champions français tiennent leur rang / La relève peine à émerger

Les grandes entreprises françaises affichent des gains de productivité supérieurs à ceux de leurs homologues européennes, selon une étude de McKinsey. Le problème pour l’économie hexagonale est qu’un nombre limité de nouveaux leaders émerge et que les entreprises moyennement performantes peinent à monter en puissance, freinant le potentiel de croissance.
Photo par THOMAS SAMSON / AFP
Photo par THOMAS SAMSON / AFP

Des locomotives, mais peu de nouveaux moteurs. Avec une progression annuelle moyenne de la productivité de 1,1 % entre 2019 et 2023, les grandes entreprises françaises font mieux que leurs homologues britanniques (+ 0,9 %) et allemandes (+ 0,1 %). C’est l’un des enseignements d’un rapport de McKinsey portant sur la compétitivité de l’économie européenne. Pour mémoire, la productivité de l’ensemble de l’économie française a progressé de 0,2 % sur la période. Cet écart avec le reste des entreprises est une singularité que l’on ne retrouve dans aucun autre grand pays étudié.

Cette performance repose d’abord sur la solidité d’un noyau de grands groupes particulièrement efficaces. La France compte davantage d’entreprises historiques capables d’améliorer durablement leur productivité - les "improvers" - réparties dans une vingtaine de secteurs. Les industries du luxe, de la mode, des télécommunications ou encore de l’assurance figurent parmi les principaux contributeurs.

Par ailleurs, les entreprises françaises sont moins pénalisées que leurs voisines européennes par les groupes en difficulté. Les entreprises "retardataires" (les firmes ayant une contribution de -1 point de base à la croissance de productivité de l’échantillon national des grandes entreprises) n’ont amputé la productivité nationale que de 0,8 point, contre 1,8 point en Allemagne et 2,1 points au Royaume-Uni. Le rapport souligne également une capacité plus importante à restructurer les entreprises en perte de vitesse.

Les gains de productivité proviennent également davantage de la croissance que des réductions d’effectifs. Parmi les entreprises championnes, 89 % ont amélioré leur productivité principalement grâce à une hausse de leur valeur ajoutée, contre seulement 11 % par des suppressions d’emplois. Même parmi l’ensemble des entreprises ayant progressé, plus de huit sur dix ont suivi cette logique de développement.

Ces succès s’accompagnent de plusieurs faiblesses. D’une part, il y a un faible renouvellement des champions. Contrairement aux États-Unis, où les nouveaux entrants jouent un rôle majeur dans les gains de productivité, la France ne compte aucun "disruptor" parmi ses entreprises les plus performantes et seulement quatre "scalers", ces entreprises capables de changer rapidement d’échelle, explique le rapport de McKinsey.

D’autre part, la France doit déplorer le manque de dynamisme du tissu intermédiaire (peu d’entreprises "moyennement performantes"). Plus de 53 % des entreprises françaises ont enregistré une baisse de leur productivité sur la période, une proportion supérieure à celle observée aux États-Unis (40 %).

Pour le rapport, cette situation s’explique notamment par la structure de l’économie française. Les grandes entreprises, qui ne représentent que 0,1 % des sociétés, concentrent 56 % de la valeur ajoutée nationale et réalisent 60 % des exportations. À l’inverse, les PME affichent une productivité inférieure de 35 % à celle des grands groupes (55 % des emplois marchands), un écart bien plus marqué qu’au Royaume-Uni.

L’internationalisation des grands groupes constitue également un facteur différenciant. Près des trois quarts de leur chiffre d’affaires sont réalisés hors de France, davantage que leurs homologues allemandes ou américaines. Si leurs gains de productivité sont donc en partie générés à l’étranger, ils irriguent néanmoins l’économie nationale via leurs chaînes de sous-traitance, en entraînant ETI, PME et TPE.

Le rapport estime toutefois que cette concentration des performances sur quelques dizaines d’entreprises ne suffira pas à soutenir durablement la croissance française. Selon lui, trois priorités s’imposent : accélérer le développement des entreprises les plus innovantes, élargir le cercle des champions capables d’atteindre des gains de productivité exceptionnels et redresser les entreprises les plus en difficulté, qui représentent encore près de 9 % de l’emploi.

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