Macro-économie / Taux / ALENA / MECA / Etats Unis
Macro-économie / Taux
ALENA / MECA / Etats Unis
Les États-Unis tardent à s’entendre avec leurs voisins / Un accord trilatéral qui a pourtant largement profité à toutes les parties prenantes
Un refus qui n’étonne guère. Le choix des États-Unis de préférer renégocier leur accord avec le Mexique et le Canada (UMSCA) plutôt que de le reconduire à l’identique ne surprend pas, au vu de la politique de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Il s’agit cependant de partenaires essentiels à la bonne marche de l’économie américaine. Ces derniers ont en effet vu leurs relations bilatérales exploser en termes commerciaux au fil des années.
Une des figures de proue se trouve être un secteur automobile fortement intégré et interdépendant, le volume d’échange associé étant de quelque 280 milliards de dollars annuellement. Un chiffre en hausse de 38 % depuis 2021 et qui illustre bien la très forte intégration des circuits de production en Amérique du Nord. On s’interroge moins du côté du Forum économique mondial (WEF) sur l’efficacité ou non de l’organisation mise en place mais « plutôt de savoir si l’introduction d’incertitudes à ce stade risque de compromettre précisément la résilience des investissements et des chaînes d’approvisionnement que l’accord visait à instaurer ».
Retour de bâton
Un jeu loin d’être à somme nulle et qui pourrait impliquer que l’ensemble des parties prenantes en sortent perdantes. Le poids respectif du secteur automobile donne une idée de l’ampleur des dégâts dès lors que la dynamique se gripperait un tant soit peu. Du côté américain, cette industrie pèse pour près de 5,4 % du PIB et quelques 10,9 millions d’emplois. Pour le Mexique, c’est 4,7% du PIB qui est en jeu et le Canada voit près de 500 000 emplois y être associés directement ou indirectement. Les acteurs privés ne manquent pas de faire savoir aux différents gouvernements à quel point la stabilité leur est précieuse.
Un message dont s’est fait le relais Sarah Stephan, directrice régionale pour l’Amérique du Nord au sein du groupe Volkswagen, laquelle a argué qu’alors que « les décideurs politiques examinent l’évolution future de l’accord, la préservation de ces fondements sera essentielle pour garantir que la région continue d’attirer les investissements, de faire progresser la transformation industrielle et de créer des opportunités économiques durables ». Le WEF considère que l’incertitude sur la reconduction de ce qui était alors l’ALENA avait contribué, en 2017, à faire échouer un projet d’investissement de Ford au Mexique pour un total de 1,6 milliard de dollars.
Bras de fer
Reste à savoir si le souhait américain de porter pour l’automobile la part de composants à valeur ajoutée régional de 75 % à 82 % avec 50 % provenant des États-Unis, sera accepté. Une dispute qui ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel pour les trois pays ; à savoir que leur prochain défi commun réside essentiellement dans les nouveaux intrants automobiles, notamment les batteries, les semi-conducteurs, les minéraux critiques et l’électronique de pointe.
Un domaine dans lequel la Chine a pris une longueur d’avance et sur lequel la question d’une souplesse dans la gestion des intrants se pose. Tant une rigidité trop forte sur leur origine peut faire craindre une montée en puissance lente des nouvelles chaînes de valeurs et d’approvisionnements.
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