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Macro-économie / Taux

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Le FMI propose une feuille de route budgétaire à la France / Comment consolider en limitant les retombées économiques et sociales néfastes

Cela ne surprendra personne, dans son traditionnel rapport annuel sur l’économie française (Article IV), l’institution de Washington estime qu'un redressement des finances publiques est indispensable pour éviter une dérive durable du taux d'endettement. Il recommande de concentrer l'effort sur les dépenses sociales ainsi que de mener des réformes structurelles, jugeant qu'une stratégie fondée sur les hausses d'impôts serait plus coûteuse pour la croissance comme pour les ménages.
Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI et Emmanuel Macron, président de la République française - Photo par LEON NEAL / POOL / AFP
Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI et Emmanuel Macron, président de la République française - Photo par LEON NEAL / POOL / AFP

Le choix des mesures compte autant que leur ampleur. Dans son rapport annuel de 79 pages sur l’Hexagone, issu d’une mission menée en mai à Paris, le Fonds monétaire international (FMI) recommande à la France de réaliser un ajustement structurel primaire de 0,8 point de Produit intérieur brut (PIB) par an entre 2027 et 2029 pour enrayer la dérive de son taux d'endettement public. Pour mémoire, cela représente la diminution souhaitée du déficit structurel (solde ajusté des effets de la conjoncture) hors charges d’intérêts. En comparaison, en 2026, la France devrait avoir conduit un effort de 0,5 point de PIB, selon les calculs de la Commission européenne.

L’ajustement conseillé « pourrait ensuite être progressivement assoupli, en particulier s'il est soutenu par des réformes structurelles favorisant la croissance, tant au niveau national qu'au niveau de l'Union européenne », indique le Fonds en prévenant que, « tout ajustement qui ne pourrait être réalisé avant les élections de 2027 devrait être complété par un budget rectificatif par la suite ».

Sans ajustement budgétaire, la croissance suivrait une trajectoire moins soutenable, portée principalement par la consommation plutôt que par l’investissement privé, tandis que les déficits élevés continueraient d’alourdir la dette publique, montrent les simulations du Fonds. « Dans le même temps, des déficits élevés maintiendraient la dette publique sur une trajectoire ascendante, réduisant les marges de manœuvre budgétaires, alourdissant la charge des intérêts et exposant davantage les finances publiques à un ralentissement de la croissance, à un durcissement des conditions financières et à une hausse des primes de risque souverain », indique l’organisation internationale.

À l’inverse, explique le rapport, un ajustement budgétaire accompagné de réformes structurelles favorisant l’emploi et la productivité, entraînerait un ralentissement temporaire de la croissance avant un rebond à moyen terme. Selon le modèle du FMI, une meilleure orientation des dépenses sociales (en privilégiant les aides ciblées aux ménages modestes plutôt que les dispositifs généralisés) permettrait de limiter l’impact sur les plus vulnérables tout en améliorant l’efficacité de la consolidation budgétaire. « Les économies réalisées sur certaines prestations contributives, comme les retraites ou l’assurance chômage, seraient déterminantes pour assurer un redressement durable des finances publiques », pointe le rapport.

Le rapport souligne également qu’une consolidation reposant davantage sur la hausse des impôts, notamment sur le travail et les entreprises, serait plus coûteuse pour l’économie. Cette stratégie réduirait davantage la croissance (0,2 point par an), avec un PIB inférieur d’environ 0,9 % à l’horizon 2031 par rapport au scénario sans ajustement, tout en produisant des effets redistributifs moins favorables.

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