Macro-économie / Taux
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Crédit aux entreprises : les banques de la zone euro restent prudentes / La demande résiste malgré un accès au financement plus strict
Le tour de vis du crédit bancaire se poursuit, mais à un moindre rythme. Les banques de la zone euro ont continué à resserrer leurs conditions d’octroi de crédit aux entreprises au deuxième trimestre 2026, mais dans une moindre mesure qu’au début de l’année. Selon la dernière enquête de la BCE sur la distribution du crédit, le solde net des établissements ayant durci leurs critères atteint 7 %, contre 10 % au premier trimestre et surtout 19 % anticipés au printemps. Ce niveau reste légèrement inférieur à la moyenne historique.
Cette amélioration relative ne traduit toutefois pas un retour de la confiance. Les banques continuent de faire preuve d’une forte aversion au risque, alimentée par un environnement économique incertain. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, toujours en cours, entretiennent les incertitudes géopolitiques, tandis que les tensions sur les marchés de l’énergie conduisent plusieurs établissements à renforcer leur vigilance, notamment dans les secteurs les plus exposés. L’industrie automobile demeure particulièrement concernée par ce durcissement.
Les principaux facteurs expliquant cette prudence restent les risques pesant sur les perspectives économiques et la baisse de la tolérance au risque des banques. Les contraintes de financement ou de bilan n’ont en revanche pratiquement pas pesé sur les décisions de crédit. La France, l’Allemagne et l’Espagne ont signalé un renforcement des critères d’octroi, tandis que l’Italie fait figure d’exception avec un léger assouplissement.
Les conditions appliquées aux nouveaux prêts se sont également durcies. Les banques ont principalement relevé leurs taux de crédit, dans le sillage de la hausse des taux directeurs de la BCE en juin et de la remontée des taux bancaires observée au printemps. Les marges appliquées aux emprunteurs les plus risqués ont également augmenté, alors que celles sur les prêts les plus sûrs se sont réduites sous l’effet de la hausse des taux de référence.
Cette prudence se traduit aussi par une augmentation des refus de crédit. La part des demandes rejetées progresse de nouveau, avec un solde net de 6 %, son niveau le plus élevé depuis la fin de 2024. Les petites et moyennes entreprises sont les plus touchées, notamment en Allemagne et en Espagne.
Malgré ce contexte plus restrictif, la demande de financement des entreprises montre des signes de reprise. Les banques font état d’une légère hausse de la demande de prêts, avec un solde net de 3 %, alors qu’elles anticipaient une nouvelle baisse. Cette reprise reste toutefois modeste et repose essentiellement sur les besoins de trésorerie et de financement du besoin en fonds de roulement, dans un contexte de coûts de production élevés et de délais d’approvisionnement toujours longs.
Les grandes entreprises sont à l’origine de cette amélioration, leur demande de crédit progressant nettement, contrairement à celle des PME, qui continue de reculer. Les investissements productifs repartent également légèrement pour les grands groupes, tandis que les petites entreprises restent plus attentistes. « Compte tenu de l’augmentation des investissements dans la défense et les infrastructures en Allemagne, il n’est pas surprenant que ce pays, tout comme l’Italie, affiche des résultats positifs. Parmi les grandes économies, la France et l’Espagne restent à la traîne », explique Bert Colijn, chef économiste chez ING.
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