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Mubadala Capital / Pierre & Vacances
Pierre & Vacances bientôt sous contrôle de Mubadala Capital / Le verrou capitalistique est levé
Le suspense n’aura duré qu’un mois. Le 22 juin, Pierre & Vacances annonçait avoir reçu de Mubadala Capital une offre ferme et intégralement financée, assortie d’une condition de taille : obtenir avant le 17 juillet des engagements d’apport représentant au moins 80 % du capital en circulation. Le leader européen du tourisme de proximité a confirmé lundi que le pari était tenu. Le gestionnaire d’actifs alternatifs d’Abu Dhabi a sécurisé 80,13 % du capital et signé avec le groupe un accord de rapprochement qui encadre les modalités de son offre publique d’achat volontaire en numéraire. « La signature de cet accord, confortée par les engagements de nos principaux actionnaires, marque une étape décisive de notre revue stratégique », salue Georges Sampeur, le président du conseil d’administration.
Ce seuil désormais franchi, la principale incertitude qui pesait encore sur l’opération est levée. « Le projet d’acquisition par Mubadala Capital est désormais largement sécurisé », commente ce mardi le bureau d’études Oddo BHF dans une note.
Les conditions financières restent celles annoncées le 22 juin : 1,90 euro par action ordinaire coupon attaché, ou 1,79 euro après détachement de la distribution exceptionnelle de primes de 0,11 euro envisagée. À ce montant pourrait s’ajouter un complément de 0,10 euro si Mubadala Capital parvient à mettre en œuvre un retrait obligatoire et à sortir la société de la cote, portant à 2 euros la valeur totale maximale par action.
Les artisans du sauvetage passent la main
Derrière la mécanique de l’offre se dessine surtout la sortie des actionnaires qui avaient sauvé Pierre & Vacances en 2022. Les engagements d’apport proviennent de Fidera (26,72 %), Benefit Street Partners (24,96 %), Pristine, fiduciaire des prêteurs du PGE aux côtés de l’État (11,49 %), et Pastel Holding (8,60 %). Soit, pour l’essentiel, le tour de table issu de la restructuration menée quatre ans plus tôt, lorsque les créanciers avaient converti plus d’un demi-milliard d’euros de dettes en capital et pris le contrôle du groupe, mettant fin à cinquante-cinq ans de contrôle par la famille Brémond. Après avoir financé le sauvetage puis accompagné le redressement de Pierre & Vacances, ces principaux actionnaires trouvent dans l’offre de Mubadala une voie naturelle de sortie.
Un nouvel horizon
Les investisseurs de 2022 avaient répondu à une urgence de bilan. Mubadala Capital entend désormais s’inscrire dans un temps plus long, comme un actionnaire de contrôle capable de financer une nouvelle étape de développement. « Avec Mubadala Capital, le Groupe s’associe à un partenaire qui croit en ce que nous avons construit et qui investit concrètement à nos côtés : dans nos sites, dans nos équipes et dans la prochaine étape du plan stratégique Beyond ReInvention », se félicite Franck Gervais, le directeur général d’un groupe qui réunit quatre marques, plus de 45 000 appartements, maisons et villas, et accueille près de 8 millions de clients par an.
À l’appui de cette ambition, le gestionnaire d’actifs alternatifs d’Abu Dhabi, qui revendique plus de 600 milliards de dollars d’actifs gérés, conseillés ou administrés, met en avant sa connaissance du secteur acquise « en tant qu’actionnaire de Looping Group », l’un des principaux exploitants européens de parcs de loisirs régionaux, ainsi que son expérience des retraits de cote, illustrée par les acquisitions de CI Financial et de Clear Channel Outdoor. « Nous investissons pour accompagner le Groupe dans une nouvelle phase de développement, portée par l’accroissement de la capacité d’accueil et la poursuite de la modernisation des sites », explique Antoun Ghanem, associé et responsable du private equity européen chez Mubadala Capital.
Le dépôt de l’offre attendu début 2027
Reste désormais à franchir les dernières étapes du calendrier. Une assemblée générale extraordinaire, prévue autour du 30 septembre, devra approuver la distribution exceptionnelle de primes, dont la mise en œuvre suppose aussi l’obtention des consentements, ou waivers, des prêteurs. Le conseil d’administration rendra son avis motivé après réception du rapport de l’expert indépendant Finexsi et de l’avis des instances représentatives du personnel. L’opération reste en outre soumise aux autorisations réglementaires usuelles. Le dépôt de l’offre est prévu au plus tard au premier trimestre 2027. Sa clôture, soumise au seuil légal de caducité de 50 %, devrait intervenir au cours du premier semestre.
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