Macro-économie / Taux
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France : record d’exportations d’électricité au premier semestre / Près de 3 milliards d’‘euros engrangés
Une performance jamais atteinte. La France a exporté davantage d’électricité qu’elle ne l’avait jamais fait sur un premier semestre. Entre janvier et juin 2026, le solde net des échanges électriques s’est établi à 51 TWh en faveur des exportations, dépassant largement les précédents records enregistrés en 2024 (43 TWh) et en 2025 (38 TWh), montrent les chiffres publiés par RTE.
En moyenne, la France a fourni 11,7 GW d’électricité aux pays voisins, soit l’équivalent de la production d’environ douze réacteurs nucléaires. Une performance qui repose sur des fondamentaux solides : une production française largement bas-carbone et compétitive à l’échelle européenne, associée à une consommation intérieure stable et toujours inférieure aux niveaux observés avant la crise énergétique.
Les échanges ont été très largement orientés à l’avantage de la France sur l’ensemble des interconnexions européennes. Le solde français a été exportateur vers toutes les frontières, à l’exception de l’Espagne, où les échanges sont restés proches de l’équilibre.
Avec l’Italie, la France a enregistré un excédent de 14,4 TWh, tandis que le solde a atteint 13,9 TWh avec l’Allemagne et la Belgique, 12,4 TWh avec la Grande-Bretagne et 11,3 TWh avec la Suisse. Ces niveaux sont en légère progression par rapport au premier semestre 2025 pour les trois premières frontières citées. La zone franco-allemande et franco-belge a notamment retrouvé des volumes proches de ceux du premier semestre 2024, après une année 2025 perturbée par d’importants travaux de maintenance des interconnexions.
La situation avec l’Espagne demeure particulière. Son mix électrique, déjà fortement décarboné grâce au développement des renouvelables et à la production nucléaire, limite ses besoins d’importation. Le solde français a ainsi été légèrement importateur, à hauteur de 1 TWh.
Malgré cette domination des exportations, la France a connu quelques épisodes temporaires d’importation lorsque l’équilibre économique du système européen le justifiait. Au début du mois de janvier, marqué par une période de froid et une consommation élevée, le pays a importé de l’électricité pendant plusieurs jours, dont plus de 21 heures consécutives le 6 janvier, avec un maximum de 8 GW d’importations nettes.
Cette situation, qui n’avait plus été observée depuis mars 2023 à un tel niveau, a permis de mobiliser les moyens de production disponibles à l’échelle européenne les moins coûteux et souvent les moins carbonés. À partir de février, les périodes d’importation sont devenues exceptionnelles : la France n’a été importatrice nette que pendant environ sept heures, dont 5,5 heures lors d’épisodes de prix spot négatifs.
L’analyse des flux européens montre que l’électricité française a principalement alimenté l’Italie, qui représente 34 % des exportations françaises en destination finale. La Grande-Bretagne et la Belgique suivent avec chacune 16 % des volumes exportés. La part destinée à la Belgique a fortement progressé par rapport au premier semestre 2025, notamment en raison de la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires belges en 2025.
Les exportations vers la Suisse ont également progressé, dans un contexte marqué par l’arrêt en mai 2025 de la centrale nucléaire suisse de Gösgen, qui représentait une part significative de la production électrique du pays. Une partie de l’électricité française transitant par l’Espagne a par ailleurs été réexportée vers le Portugal, qui bénéficie de capacités importantes de stockage hydraulique permettant de valoriser les périodes de forte production solaire.
Du point de vue financier, ces exportations représentent une contribution importante à l’économie française. Leur valorisation atteint environ 3 milliards d’euros au premier semestre 2026, un record pour une première moitié d’année. En tenant compte du prix moyen de l’électricité sur les marchés des pays importateurs, cette valeur atteint environ 5,7 milliards d’euros.
Le prix moyen du mégawattheure exporté s’est établi à 61,2 €/MWh selon le prix spot français, et à 111,6 €/MWh en prenant en compte le prix moyen des pays destinataires. Pour RTE, ces chiffres montrent que la France n’a pas bradé son électricité : elle a exporté une production excédentaire et compétitive, profitant d’écarts de prix favorables avec plusieurs marchés européens.
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