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Les perspectives d’éclaircie des TPE et PME s’étiolent / Les impacts du conflit au Moyen-Orient se font sentir
L’année 2025 n’a pas été des plus évidentes pour les TPE et PME françaises, mais leurs perspectives pour 2026 laissaient entrevoir de légers signaux d’éclaircies. Toutefois, les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et la morosité de l’environnement économique semblent avoir entaché leur optimisme.
De fait, les inquiétudes quant aux impacts du conflit se sont nettement diffusées dans le tissu des petites et moyennes entreprises françaises. Selon le dernier baromètre semestriel de Bpifrance Le Lab, 79 % des 4 600 entreprises interrogées entre début mai et mi-juin, anticipent en effet un impact négatif du conflit sur leur société, rapporte l’étude. Parmi elles, 41 % prévoient qu’il sera particulièrement fort. Le premier canal de transmission est la hausse du prix du pétrole (70 % des entreprises affectées), suivie par les problématiques d’approvisionnement hors prix, comme l’allongement des délais de livraison ou la hausse du prix du transport (64 %), puis par celle des prix des intrants non-énergétiques (61 %). « Le conflit a ainsi ravivé les difficultés d’approvisionnement des TPE et PME françaises, sans pour autant qu’elles ne retrouvent les niveaux atteints en 2022, au cœur de la crise énergétique. Ainsi, les TPE-PME sont désormais plus prudentes. Les conséquences du conflit sur l’activité resteraient toutefois contenues, l’évolution du chiffre d’affaires cette année étant attendu sur un rythme proche de celui enregistré en 2025 », explique l’étude.
Prudence
À ce facteur d’incertitude s’ajoute une demande toujours faible, avec des carnets de commandes peu remplis. En tout et pour tout, l’indicateur d’activité pour 2026 a progressé de cinq points ce semestre, restant donc proche de celui de l’an dernier. A - 5, il se situe en revanche toujours bien en dessous de sa moyenne de long terme, de + 13. Les anticipations d’activité sont disparates en fonction des secteurs. Par exemple, l’industrie et le transport s’en sortent mieux que l’an passé, avec un indicateur d’activité en hausse de 5 à 6 points sur un an, soutenus par des carnets de commandes mieux garnis au premier semestre. Le commerce et la construction restent stables, tandis que la conjoncture se dégraderait dans les services (à hauteur de 11 points), alors qu’ils avaient mieux résisté jusqu’à présent, observe l’étude.
Quant à la situation financière des TPE et PME, elle poursuit sa dégradation. La trésorerie a continué de se tendre sur les six premiers mois de l’année, une tendance qui devrait d’ailleurs se poursuivre au second semestre. Ainsi, 31 % des TPE et PME jugent leur trésorerie difficile, soit une hausse de 1 point sur le semestre (contre une moyenne de 29 % entre 2000 et 2025). « La situation est moins favorable qu’en moyenne sur le passé, et en particulier lors de la crise énergétique de 2022 quand les PME disposaient de liquidités supplémentaires grâce notamment aux PGE et PGE résilience. Elle reste néanmoins nettement plus confortable qu’en 2013, point bas historique en termes de situation de trésorerie », ajoute l’étude. À noter, en revanche, que 84 % des TPE et PME estiment leur trésorerie suffisamment solide pour absorber le choc induit par le conflit, s’il ne venait pas à s’intensifier ou s’éterniser.
L’investissement devrait de son côté rester peu dynamique, du fait de la faiblesse de la demande, d’un coût du crédit jugé élevé ainsi que des incertitudes politiques et géopolitiques. Comme l’année dernière, 38 % des TPE et PME ont l’intention d’investir cette année. Pour 2027, un regain de confiance ne semble pas être au rendez-vous. L’indicateur prévisionnel d’activité a perdu 5 points sur un an pour atteindre + 8, s’écartant encore davantage de la moyenne de long terme (+ 24 entre 2000 et 2025) et s’approche du point bas de la série observé en 2013. Les perspectives se dégradent par ailleurs dans tous les secteurs, tout particulièrement dans le tourisme, les transports et les services, tandis que celles dans l’industrie sont mieux orientées. Les perspectives d’embauche s’ajustent ainsi en conséquence, avec un indicateur prévisionnel en baisse de 5 points là aussi, sur un an. À + 6, il s’approche également des points bas atteints en 2009 (+ 3) et 2013 (+ 4).
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