Macro-économie / Taux
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Les investissements directs étrangers mondiaux reprennent du poil de la bête / Un rebond qui masque une concentration croissante
Après deux années de recul, les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux ont retrouvé le chemin de la croissance en 2025. Les flux ont progressé de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars. En neutralisant les mouvements financiers transitant par les grands centres d'investissement européens, la hausse est ramenée à 4 %. Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) souligne que cette amélioration repose sur des bases étroites. Les investissements internationaux sont devenus plus sélectifs et plus concentrés, tant sur le plan géographique que sectoriel.
Ainsi, les vingt premières économies d'accueil captent désormais plus de 80 % des flux mondiaux d'IDE. Si les pays en développement représentent encore la moitié de ce classement, les investissements continuent de privilégier les grands marchés, les économies avancées et les centres financiers internationaux. Cette concentration s'observe également dans la nature des projets financés. Les investissements se dirigent principalement vers les infrastructures numériques, les centres de données, les semi-conducteurs ou encore certaines activités liées à l'énergie.
À l'inverse, de nombreux secteurs enregistrent un net ralentissement. Les projets industriels liés aux chaînes de valeur mondiales reculent de 13 %. Les investissements annoncés dans l'électronique (hors semi-conducteurs) chutent de près de 40 %, ceux de l'automobile d'environ 25 %, tandis que le textile perd près de 30 %. Les indicateurs avancés confirment cette fragilité. La valeur des opérations de fusion-acquisition transfrontalières recule de 7 %, tandis que les annonces de nouveaux projets ("greenfield") stagnent et demeurent largement portées par quelques méga-investissements dans les data centers, le pétrole et les semi-conducteurs.
Pour les économies en développement, les IDE demeurent la première source de financement extérieur. En 2025, ils représentent environ la moitié des financements externes, devant les transferts des migrants, l'aide publique au développement ou les investissements de portefeuille. Les flux vers ces économies progressent légèrement (+2 %) pour atteindre 901 milliards de dollars, mais les situations régionales divergent fortement.
L'Asie en développement reste de loin la première destination mondiale avec 644 milliards de dollars investis. Si les flux ralentissent en Chine et plus largement en Asie de l'Est, ils progressent en Asie du Sud-Est et surtout en Inde, où ils bondissent de 44 %. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les investissements augmentent de 14 %, principalement grâce au Brésil. En Afrique, les flux retombent à 70 milliards de dollars après le niveau exceptionnel atteint en 2024, mais restent largement supérieurs à leur moyenne de long terme.
Les pays les moins avancés voient leurs investissements progresser de 21 %, sans pour autant modifier leur faible poids dans les flux mondiaux : ils ne représentent toujours que 2,7 % des IDE internationaux. Les investissements y restent très concentrés sur quelques pays riches en ressources naturelles ainsi que sur des projets liés au tourisme, aux énergies renouvelables ou à la logistique.
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