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Mérieux Equity Partners
Mérieux Equity Partners lève 335 millions d’euros pour son nouveau fonds santé / Un premier closing pour confirmer le cap du lower mid-market
Mérieux Equity Partners a choisi de ne pas courir après la taille. La société de gestion spécialisée dans la santé a annoncé jeudi le premier closing de Mérieux Participations 5, son nouveau fonds de buyout, à 335 millions d’euros, quatre mois après l’ouverture de la levée. « Quatre mois entre l'ouverture de la data room et le premier closing, c'est une performance qui est tout à fait en phase avec ce qu'on a pu voir par le passé », relève à WanSquare Jean Chatillon, responsable des relations investisseurs.
Le contexte, lui, reste exigeant. « Nous sommes dans un environnement de marché compliqué. Certains de nos investisseurs ont des processus plus longs, non pas parce qu’ils doutent de nos performances, mais parce qu’ils ont reçu moins de distributions qu’auparavant de la part de l’ensemble de leur fonds en portefeuille. », poursuit-il. Le fonds reste ouvert à la souscription, ce qui laisse le temps à ces investisseurs de rejoindre le tour de table.
Le lower mid-market comme ligne de crête
L’objectif final est fixé à 600 millions d’euros, un format proche de Mérieux Participations 4, levé en 2021 à 568 millions d’euros. La progression est mesurée, quand nombre d'acteurs du segment ont profité de chaque levée pour changer d'échelle. « Nous avons fait le choix fort de garder un fonds d'une taille similaire pour rester sur le même marché sous-jacent », poursuit Jean Chatillon. « Nous considérons que ce choix de discipline sera l’un des éléments clés de la performance du fonds. » Le calibrage des investissements reste inchangé : 50 millions d’euros en moyenne, dans une fourchette allant de 30 à 70 millions.
« Nous restons sur le small mid-cap, qui est notre terrain de jeu », souligne Jean-François Billet, managing partner et responsable de l’activité buyout. L’enjeu est de cibler des entreprises déjà rentables, capables d’accélérer par croissance organique, acquisitions ciblées et développement international, sans remonter vers des actifs plus gros et plus disputés. Les co-investissements offrent toutefois une marge de manœuvre supplémentaire. « Sur MP3 et MP4, nous avons proposé en co-investissement l’équivalent d’environ 30 % des montants déployés par les fonds », précise-t-il. De quoi permettre à Mérieux Equity Partners de porter certaines opérations bien au-delà de son ticket moyen, sans modifier le cœur de sa stratégie.
Un numéro cinq, mais un troisième millésime
Si le fonds porte le numéro 5, il ne s’agit en réalité que du troisième millésime de la stratégie buyout déployée par Mérieux Equity Partners depuis son agrément AMF en 2018. Les deux premiers véhicules appartiennent à une phase antérieure de l’activité, lancée en 2009 sous l’impulsion d’Alexandre Mérieux, à l’époque dans une logique de family office autour des capitaux de l’Institut Mérieux. « C’est vraiment la genèse de notre activité » rappelle Christine Demode, présidente de Mérieux Equity Partners, en évoquant la vocation initiale consistant à soutenir les entrepreneurs de la santé grâce au réseau industriel de l’Institut Mérieux.
L’écosystème Mérieux sans la tutelle
Depuis son passage en société de gestion pour compte de tiers, MxEP revendique une indépendance complète dans ses décisions d’investissement, tout en conservant un accès privilégié à l’écosystème Mérieux. Devenue société de gestion pour compte de tiers, MxEP opère aujourd’hui de façon indépendante dans ses décisions d’investissement, tout en conservant un accès privilégié à l’écosystème Mérieux. La société de gestion, qui pilote environ deux milliards d’euros d’actifs, peut ainsi mobiliser, au cas par cas et sans facturation, le réseau mondial et l’expertise de l’Institut Mérieux au bénéfice de ses participations. « Notre force est de pouvoir mobiliser l’écosystème et l’expertise de l’Institut Mérieux au bénéfice de nos sociétés de portefeuille, à notre demande. » souligne Christine Demode, présidente de Mérieux Equity Partners.
Ce levier se révèle particulièrement utile sur les sujets réglementaires, l’enregistrement de produits ou l’ouverture de nouveaux marchés, dans un secteur où l’analyse d’un actif ne se résume pas à ses indicateurs financiers. « Lorsque nous avons un besoin particulier, nous pouvons nous adresser aux dirigeants des différentes entités ou directement aux équipes opérationnelles pour accéder aux ressources nécessaires », précise Jean-François Billet.
Le parti pris du B2B santé
Ce lien avec l’écosystème Mérieux constitue l’un des trois piliers d’un positionnement que la maison juge difficile à répliquer. Par comparaison, certains fonds du lower mid-market peuvent investir dans la santé, mais sans disposer d’une profondeur d’expertise comparable ; à l’inverse, les fonds santé très spécialisés interviennent souvent plus haut dans le marché, sur l’upper mid-market ou le large cap.
Cette expertise scientifique irrigue aussi la sélection des dossiers. « Ce qui nous différencie de fonds plus généralistes, c’est notre capacité à comprendre la science et à mieux appréhender ce que certains, moins familiers du secteur, peuvent percevoir comme des risques, mais que nous considérons souvent comme des opportunités », avance le Head of Buyout. En pratique, l’équipe concentre son sourcing sur les segments les plus industriels de la santé, de la sous-traitance pharmaceutique aux services et produits B2B, davantage que sur les activités de soins directement tournées vers le patient. « Nous privilégions la science, le B2B et des sociétés au profil plus international », résume Jean-François Billet.
Le DPI comme juge de paix
L’internationalisation constitue précisément un critère de sélection autant qu’un levier de création de valeur. MP3 a réalisé 33 % de ses investissements hors de France, une proportion portée à 58 % pour MP4, avec des opérations en Allemagne, aux Pays-Bas, en Finlande, en Belgique, en Espagne, en Suède, en Italie ou encore en Suisse. Les participations des deux fonds ont par ailleurs mené 43 build-ups, dont environ la moitié hors d’Europe.
Dans une phase où les LP scrutent d’abord les retours, le track record constitue un argument central. MP3, millésime 2018 de 377 millions d’euros, affiche un DPI de 138 %, tandis que MP4, levé en 2021 à 568 millions d’euros, atteint déjà 20 %, au moment même où s’achève sa période d’investissement. Sur le lower mid-market, les deux fonds affichent un multiple de sortie moyen de 4,1 fois sur six cessions réalisées depuis 2022.
Avec ce premier closing, MP5 peut désormais entrer en phase de déploiement. Le pipeline est déjà actif, avec plusieurs dossiers à l’étude et des opérations susceptibles de se déclencher avant la fin de l’année. « On travaille activement sur plusieurs sujets », indique Jean-François Billet.
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