Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Le FMI voit l'économie mondiale résister mieux que prévu / Mais la guerre et l'IA creusent les écarts
La guerre au Moyen-Orient n'a pas fait dérailler l'économie mondiale. Dans sa mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale publiée en juillet 2026, le Fonds monétaire international (FMI) estime que l'activité résiste mieux qu'attendu, malgré un choc énergétique majeur. Si les cours du pétrole et du gaz restent largement supérieurs à leurs niveaux d'avant-guerre, ils ont toutefois reflué depuis leur pic d'avril grâce aux cessez-le-feu, à l'accord intervenu entre les États-Unis et l'Iran et au recours massif aux stocks stratégiques.
Le FMI indique que les prix de l'énergie demeurent néanmoins élevés : le pétrole est attendu en moyenne à 89 dollars le baril cette année, soit 32 % de plus qu'en 2025, tandis que les prix du gaz naturel progresseraient de 22 %. Cette flambée se répercute déjà sur les engrais (+26 %) et les produits alimentaires (+8 %).
L’institution de Washington souligne surtout que tous les pays ne traversent pas cette crise de la même manière. Les économies fortement dépendantes des importations d'énergie subissent un choc plus marqué, tandis que celles intégrées à la chaîne de valeur des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle bénéficient d'un puissant moteur de croissance. La Corée du Sud, malgré sa dépendance énergétique au Moyen-Orient, a enregistré une croissance annualisée de 7,5 % au premier trimestre grâce au boom des exportations de puces électroniques. La Chine a également surpris avec une progression de 8,1 %, portée par l'investissement public et les industries de haute technologie. L'Allemagne, le Japon et plusieurs économies asiatiques profitent également de cette dynamique.
À l'inverse, les pays peu présents dans la révolution numérique et fortement exposés aux importations d'énergie voient leurs perspectives se dégrader. Cette divergence constitue l'un des principaux enseignements du rapport : la diffusion de l'intelligence artificielle devient désormais un facteur déterminant de compétitivité entre les économies.
Au niveau mondial, le FMI prévoit une croissance de 3 % en 2026 avant un rebond à 3,4 % en 2027. Les États-Unis conserveraient une croissance de 2,3 % grâce aux investissements technologiques et à leur statut d'exportateur net d'énergie. La zone euro ralentirait à 0,9 %, pénalisée par les coûts énergétiques et une demande intérieure atone (la croissance française est révisée à la baisse de 0,3 point, à 0,6%). Le Royaume-Uni tomberait à 1 %, tandis que la Chine ralentirait à 4,6 % et l'Inde resterait l'une des grandes économies les plus dynamiques avec une croissance de 6,4 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

