Macro-économie / Taux / taux d'épargne
Macro-économie / Taux
taux d'épargne
Un taux d’épargne plus homogène qu’il n’y paraît en Europe / L’harmonisation comptable nuance les divergences
Des caractéristiques qui finissent par prendre le dessus. L’harmonisation des différentes conventions comptables ne suffit pas à effacer les différences de pratiques entre les pays en ce qui concerne l’épargne. Le dernier bulletin de la Banque de France va dans ce sens en expliquant que les taux associés « sont structurellement liés à certaines caractéristiques institutionnelles ».
Parmi lesquelles on retrouve à la fois le régime de retraite en place dans le pays – qu’il soit par répartition ou par capitalisation change la donne -, la frontière propre à chaque pays entre consommation privée et publique sur les questions de santé ou encore d’éducation et enfin le poids que fait peser la fiscalité sur la consommation. Autant d’éléments qui fixent largement la hiérarchie entre les différents pays en raison des choix de société, expliquent les auteurs.
Plus loin
Le bulletin suggère cependant que le seul taux harmonisé publié par l’OCDE « ne gomme pas l’impact de toutes les disparités nationales sur le calcul du taux d’épargne. L’harmonisation pourrait ainsi être approfondie pour tenir compte, notamment, de la consommation de biens durables, de la prise en charge de certains services (éducation, santé) par le secteur public, ou encore de l’impact de la fiscalité sur la consommation ». Les exemples sont légion, puisqu’il est suggéré qu’il soit possible de faire le choix de considérer « l’achat de biens durables (voiture particulière, lave-vaisselle, etc.) […] comme une épargne plutôt que comme de la consommation ».
Un choix peut également être fait en ce qui concerne les impôts indirects, tels que la taxe sur la valeur ajoutée. Lesquels contribueraient à augmenter les dépenses de consommation, là où à l’inverse, les impôts directs sont quant à eux déduits du revenu. Traiter les versements de TVA à la manière d’un impôt direct, permettrait de les déduire du revenu et de la consommation. Ce qui aurait comme incidence de laisser l’épargne inchangée, alors que le revenu des ménages « supportant la TVA est revu à la baisse, ce qui augmente leur taux d’épargne ».
Podium
Autant de facteurs d’ajustement des taux d’épargne qui permettent d’avoir la comparaison la plus juste possible mais ne rebattent pas totalement les cartes. Il s’avère en effet que « l’Allemagne et, dans une moindre mesure, la France, se distinguent par un taux d’épargne plus élevé que les autres pays », devant l’Espagne et l’Italie dont le taux d’épargne est moins élevé. Les auteurs expliquent que « situé entre ces deux groupes, le taux d’épargne en zone euro est proche de celui aux États-Unis ».
Ce qui met en lumière l’importance de s’attacher au rôle des différences structurelles entre pays pour avancer sur la compréhension des déséquilibres nationaux entre épargne et investissement. D’autant plus que l’harmonisation ne semble pas nécessairement réduire les écarts entre les pays ; à titre d’exemple il s’avère que pour 2025 « le taux d’épargne allemand dépasse de 8,5 points de pourcentage (pp) le taux américain selon la méthode harmonisée, contre 5,7 pp d’après les calculs nationaux ».
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