Macro-économie / Taux
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France : des délocalisations limitées mais très concentrées / Un phénomène tiré par quelques secteurs
Un mouvement discret. Entre 2021 et 2023, les délocalisations restent marginales dans l’économie française. Sur près de 24 800 entreprises de 50 salariés ou plus appartenant aux secteurs marchands, seules 2 % ont transféré au moins une activité à l’étranger. Pourtant, ces entreprises concentrent une part importante de l’activité économique : elles représentent environ 7 % du chiffre d’affaires total et 6 % des emplois du champ étudié.
Le phénomène est très fortement lié à la taille des entreprises. Le taux de délocalisation atteint 6,5 % pour les entreprises de 500 salariés ou plus, soit plus de trois fois la moyenne. Il est également très marqué au sein des multinationales, en particulier celles sous contrôle étranger, dont 8 % ont délocalisé sur la période, contre 4 % pour les groupes sous contrôle français et seulement 0,6 % pour les groupes franco-français.
Dans la majorité des cas, les transferts d’activité s’effectuent au sein même des groupes : 84 % des multinationales concernées déplacent leurs activités vers une autre entité du groupe. L’industrie, l’information-communication et les services informatiques figurent parmi les secteurs les plus concernés.
Les destinations restent largement européennes. 62 % des entreprises ayant délocalisé ont transféré au moins une activité vers l’Europe, notamment l’Europe occidentale pour l’industrie et l’Europe centrale et orientale pour les fonctions administratives et financières. L’Inde se distingue pour les services informatiques, tandis que le Maghreb attire davantage des activités commerciales.
Le principal moteur reste économique : 55 % des entreprises évoquent la réduction du coût de la main-d’œuvre. Viennent ensuite des facteurs plus secondaires comme la réduction des autres coûts, les tensions sur le recrutement ou l’accès à de nouveaux marchés. Dans près d’un cas sur deux, la décision émane directement de la tête de groupe, notamment dans les multinationales étrangères, où la logique stratégique s’impose plus fortement.
À l’inverse, les relocalisations demeurent encore plus rares. Seuls 1 % des entreprises ont rapatrié une activité entre 2021 et 2023, principalement dans l’industrie et au sein de groupes multinationaux. Là encore, les flux restent majoritairement européens.
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