Macro-économie / Taux
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Dette publique : l’OCDE alerte sur une dérive française durable / Sans réformes, elle pourrait franchir les 200 % du PIB d’ici 2050.
Une trajectoire jugée intenable. La France devra engager un effort budgétaire inédit si elle veut éviter une dérive de sa dette publique, alerte l’OCDE. Dans son étude sur le pays des Lumières, l’organisation internationale estime qu’en l’absence de nouvelles mesures, le taux d’endettement public de la France passerait de 115,5 % en 2025 à 127 % en 2030, avant d’atteindre 203 % en 2050. Ce scénario repose sur plusieurs hypothèses : la poursuite du vieillissement de la population, la reprise de la réforme des retraites à partir de 2028, une hausse des investissements consacrés à la transition écologique et une augmentation progressive des dépenses militaires jusqu’à 3,5 % du PIB d’ici 2035.
L’OCDE souligne que cette trajectoire bénéficie pourtant d’une hypothèse relativement favorable sur le coût de la dette, avec une croissance nominale restant supérieure aux taux d’intérêt jusqu’en 2038 grâce aux conditions d’emprunt passées. Malgré cela, les comptes publics continueraient de se dégrader.
L’organisation basée à Paris a également présenté un scénario alternatif de « trajectoire prudente », dans lequel les objectifs budgétaires du gouvernement seraient atteints (trajectoire communiquée à la Commission européenne). Dans cette hypothèse, la dette serait stabilisée autour de 122 % du PIB en 2030. Mais cet objectif nécessiterait un ajustement cumulé d’environ trois points de PIB d’ici la fin de la décennie, soit près de 100 milliards d’euros, avant un effort total supérieur à six points de PIB à plus long terme.
Un troisième scénario, plus optimiste, combine cet assainissement budgétaire avec des réformes structurelles destinées à stimuler durablement la croissance. L’OCDE cite notamment un assouplissement de la réglementation dans les services, une diffusion plus rapide des outils numériques et de l’intelligence artificielle, ainsi que des politiques favorisant davantage l’emploi des jeunes et des seniors. Une croissance plus forte permettrait alors d’accélérer la baisse du ratio d’endettement.
Pour l’organisation, aucun levier ne pourra suffire à lui seul. Stabiliser la dette uniquement par des réductions de dépenses impliquerait quasiment un gel des dépenses publiques réelles, une perspective jugée difficilement compatible avec les contraintes sociales et politiques. À l’inverse, financer l’ajustement uniquement par une hausse des prélèvements conduirait à porter la pression fiscale à un niveau susceptible de pénaliser la croissance.
L’OCDE recommande donc un calendrier en deux temps. À court terme, elle préconise des mesures rapides, comme la suppression accélérée de niches fiscales jugées inefficaces, un gel partiel des dépenses publiques, une amélioration de l’efficacité des collectivités locales ou encore un recentrage des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires.
À plus long terme, l’organisation plaide pour une revue systématique des dépenses publiques afin d’en améliorer l’efficacité, tout en réorientant la fiscalité. Elle recommande notamment d’alléger les prélèvements pesant sur le travail, de revoir la fiscalité du patrimoine, d’augmenter progressivement la tarification du carbone et d’instaurer une tarification routière davantage fondée sur les distances parcourues.
Dans le détail, l’OCDE chiffre le potentiel de ces réformes à un redressement du solde budgétaire de 3,2 points de PIB à moyen terme et de 6,6 points à long terme. Pour l’organisation, la soutenabilité des finances publiques françaises dépendra autant de la maîtrise des dépenses que de la capacité du pays à retrouver davantage de croissance grâce aux réformes structurelles.
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