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Macro-économie / Taux

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Neutralité carbone : l’Allemagne doit presque doubler son effort d’investissement / Les banques auraient les moyens de suivre, mais entreprises et ménages freinent

Une étude de la Bundesbank estime que l’Allemagne devra consacrer entre 2 % et 4,3 % de son PIB chaque année à la transition vers son objectif de neutralité carbone d’ici à 2045. Si le système bancaire apparaît capable d’absorber cette montée en puissance, les intentions d’investissement des entreprises et des ménages restent très en deçà des besoins.
Berlin - Photo par SEBASTIAN GOLLNOW / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Berlin - Photo par SEBASTIAN GOLLNOW / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Pour atteindre son objectif de neutralité climatique à l’horizon 2045, l’Allemagne devra considérablement accélérer ses investissements. Dans une étude publiée par la Bundesbank consacrée au financement de la transition, il est indiqué que les besoins annuels atteignent entre 2 % et 4,3 % du produit intérieur brut (PIB) sur la période 2020-2045, dans l’hypothèse d’une transition ordonnée. En moyenne, les investissements devront représenter 3,4 % du PIB d’ici à 2030, contre seulement 1,6 % entre 2015 et 2020. L’écart à combler atteint ainsi 1,8 point de PIB.

Les besoins concernent avant tout le secteur des bâtiments, premier poste d’investissement, devant les transports puis l’énergie. Selon la Bundesbank, les entreprises non financières supporteront près de 44 % de cet effort, les ménages 38 % et les pouvoirs publics les 18 % restants.

Sur le plan du financement, l’étude estime que les prêts bancaires continueront de jouer un rôle central. Si les comportements financiers restent proches de ceux observés ces dernières années, ils couvriront environ 27 % des besoins supplémentaires. L’autofinancement représentera 21 % des ressources mobilisées, tandis que les émissions obligataires en fourniront 19 %. À l’inverse, les marchés de capitaux demeurent encore peu utilisés par les entreprises allemandes pour financer leurs investissements climatiques.

L’étude se montre toutefois rassurante quant à la capacité du secteur bancaire. Même dans le scénario le plus exigeant, où les banques allemandes financeraient l’ensemble des investissements climatiques dans un contexte de transition retardée, les besoins supplémentaires en fonds propres resteraient inférieurs aux rythmes historiques de renforcement du capital observés ces dernières années.

Le principal obstacle ne réside donc pas dans l’offre de financement, mais dans la demande. Les enquêtes réalisées par la Bundesbank auprès des entreprises et des ménages révèlent une forte prudence. Une large part des entreprises prévoit peu, voire aucun investissement destiné à réduire ses émissions de CO₂. Parmi celles qui envisagent de décarboner leurs activités, beaucoup n’y consacreront qu’une faible part de leur chiffre d’affaires. Les entreprises les plus ambitieuses comptent principalement recourir aux prêts bancaires, souvent complétés par des prêts publics, mais l’autofinancement demeure la première source de financement envisagée.

Le constat est similaire chez les ménages. Les investissements destinés à améliorer la performance énergétique des logements devraient reculer au cours des cinq prochaines années avant de repartir légèrement à la hausse. Cette progression reste néanmoins très inférieure à celle qui serait nécessaire pour respecter les objectifs climatiques. La situation apparaît particulièrement préoccupante pour les ménages les plus modestes vivant dans les logements les moins performants sur le plan énergétique, qui ont historiquement investi beaucoup moins que le reste de la population.

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