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Jeff Bezos revient sur les rouages d’une économie spatiale de long terme / Et livre quelques détails sur sa nouvelle start-up d'IA pour ingénieurs

Sur la scène de VivaTech, le fondateur de Blue Origin a détaillé de quelle manière il entendait, avec son entreprise, s'inscrire dans une économie spatiale viable sur le long terme, qui reste pour l'heure principalement freinée par des coûts de lancement trop élevés. Nul doute que Prometheus, sa nouvelle start-up visant à créer un "ingénieur général artificiel", devrait aussi être mise à profit à l’avenir pour accélérer les développements.
Photo par JULIEN DE ROSA / AFP
Photo par JULIEN DE ROSA / AFP

« Voyager dans l’espace est un problème résolu depuis six décennies. Nous ne cherchons donc pas à l’inventer, mais à le faire au meilleur coût ». Invité phare de la première journée de VivaTech, quelques semaines après l’incident d’explosion au sol de New Glenn, lanceur de son entreprise spatiale Blue Origin, Jeff Bezos a bien admis que cet épisode avait été un « coup dur » pour ses équipes. Mais pas de quoi le faire dévier de ses ambitions de conquête spatiale, puisque les lancements reprendront dès cette année, a-t-il indiqué, tandis que son intervention aura été entièrement dédiée au sujet et à ses ambitions finales en la matière.

Aux côtés du directeur général de Blue Origin, Dave Limp, son fondateur a ainsi détaillé sa vision : mettre le cap sur la Lune sur le long terme, afin d'en faire une base d'exploration spatiale et d’éloigner toutes les activités polluantes de la Terre. « Si le voyage spatial devient suffisamment fiable et bon marché […] alors cette ‘planète-jardin’ pourra être rendue à son état d’avant la révolution industrielle », a indiqué le milliardaire.

Mais encore faudra-t-il donc résoudre l’équation économique pour parvenir à ses ambitions. « La demande pour les lancements est insatiable », a assuré Jeff Bezos, indiquant qu’elle était tirée par les constellations de satellites à haut débit (comme Amazon Leo, qui tente de rivaliser avec le Starlink d’Elon Musk), les missions de sécurité nationale… et que cette demande irait en grandissant à l’avenir, au regard des multiples projets d’installer des capacités de calcul pour l’intelligence artificielle (IA) dans l’espace.

 

Vers quoi Blue Origin veut tendre

 

Pour autant, le coût de ces lancements reste le premier frein, a expliqué le fondateur d’Amazon. « Si le lancement est très coûteux, les satellites doivent avoir une durée de vie très longue et être extrêmement sophistiqués. Mais si le lancement devient moins cher, les satellites aussi, ce qui augmente la demande de lancements. Et plus la demande augmente, plus on s’entraîne, et plus les lancements deviennent abordables. C’est un cercle vertueux, une fois qu’on le met en marche. C’est là que nous voulons aller », a-t-il indiqué, citant les récentes avancées industrielles de Blue Origin et plus particulièrement l’importance de développer des lanceurs réutilisables, afin d’enclencher cette dynamique. A terme, cela se traduira par des centaines de lancements par an, a prévu Jeff Bezos. En écho à son propos sur la recherche d’efficacité de coûts, il a résumé : « Vous avez besoin de réutilisabilité et de cadence de production ». Une recette éprouvée, puisqu'elle figure parmi les éléments clés du succès de SpaceX, dont le sujet n'a pas été évoqué lors de son intervention. 

Et sur le plan de l’efficacité de l’ingénierie, Jeff Bezos entend aussi à l’avenir faire jouer l’un de ses autres projets. Prometheus, jeune start-up d’IA qu’il a co-fondée l’an passé et qui aurait récemment levé 12 milliards de dollars, promet par exemple de développer un « ingénieur général artificiel ». Selon le milliardaire, cet outil permettrait de raccourcir considérablement les cycles en matière, en pouvant réduire un programme de développement de dix ans, à cinq, puis deux, puis un. Les grands modèles de langage actuels s’entraînent sur des textes, a rappelé Jeff Bezos, illustrant que de lire 10 000 livres sur la gymnastique, ne ferait pas de lui un bon gymnaste. A l’inverse, Prometheus se baserait sur des données spécifiquement issues de l’ingénierie, qui peuvent ainsi s’adapter à la conception d’objets physiques. Une manière de réduire le cycle « rêve-construction », a-t-il assuré : « Nous ne sommes pas limités par notre imagination, mais par ce que nous pouvons réellement faire ».

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