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Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

France : les raisons de la croissance molle au second semestre malgré la chute des prix de l’énergie / Les ménages ne vont pas se précipiter pour consommer

Selon les dernières prévisions de l’Insee, l’économie française devrait traverser un second semestre 2026 marqué par une croissance atone. Malgré le soutien des exportations, le ralentissement de la consommation des ménages et le recul de l’investissement limiteraient la progression de l’activité à seulement 0,1 % par trimestre.
Photo par DAMIEN MEYER / AFP
Photo par DAMIEN MEYER / AFP

Une détente énergétique peu porteuse de croissance. Selon les prévisions de l’Insee, qui fait l’hypothèse d’un maintien des cours du Brent autour de 85 dollars jusqu’en décembre, les dépenses de consommation des ménages et l’investissement des entreprises vont connaître une hausse poussive lors du second semestre, permettant au Produit intérieur brut (PIB) de progresser de « seulement » 0,1% par trimestre et de 0,7% sur l’année (0,2 point de plus que la Banque de France attend et 0,2 point de moins de ce que le gouvernement escompte)

Ainsi, les ménages devraient continuer d’ajuster leurs dépenses après la perte de pouvoir d’achat liée au choc énergétique (0,7% de baisse sur l’année), de sorte que, si leur consommation devrait croître légèrement durant l’été (+0,2 %), grâce notamment au retour à la normale des dépenses énergétiques liées au logement, elle marquerait de nouveau le pas en fin d’année dans un climat de confiance dégradé.

Dans le détail, au sein des services, « la consommation conserverait un rythme médiocre (+0,1 % par trimestre), les ménages sacrifiant leur consommation en services arbitrables (hébergement-restauration, loisirs, etc.) en réaction à leur perte sèche de pouvoir d’achat du printemps », rapporte l’Insee.

 La consommation de biens rebondirait faiblement à l’été (+0,3 %), sous l’effet du retour à la normale des consommations d’énergie du logement, puis stagnerait à l’automne. Par ailleurs, la consommation de produits alimentaires continuerait de décroître (-0,1 % par trimestre). « Seule note d’optimisme dans ce tableau morose, la consommation en matériels de transport garderait de l’allant (+0,3 % par trimestre), motivée par la réédition du leasing social », prévoit l’Insee.

L’investissement des entreprises, lui, reculerait de 0,2% entre juillet et septembre avant se faire du surplace au quatrième trimestre.

Dans sa note de conjoncture, l’Insee indique que cette évolution serait principalement liée au repli de l’investissement en biens, attendu en forte baisse au troisième trimestre (-1,0 %), en raison d’un effet de contrecoup après une importante livraison navale enregistrée au trimestre précédent. Le recul se poursuivrait au quatrième trimestre, mais à un rythme plus modéré (-0,3 %). Dans un contexte marqué par l’incertitude macroéconomique et le maintien de taux d’intérêt élevés, les entreprises demeureraient prudentes quant à l’extension de leurs capacités de production.

De son côté l’investissement dans les services continuerait toutefois de progresser, avec une hausse de 0,3 % par trimestre. Cette dynamique resterait néanmoins nettement inférieure à celle observée au cours des trois dernières années, durant lesquelles la croissance trimestrielle moyenne atteignait 1,1 %.

Pour ce qui est de la construction, l’investissement afficherait une progression modérée au troisième trimestre (+0,3 %), soutenue par la livraison de surfaces non résidentielles déjà engagées. En fin d’année, cette activité ralentirait à son tour (+0,1 %), pénalisée par un environnement financier toujours contraint.

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