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Ishida; taux; hausse

Macro-économie / Taux / Banque du Japon / BoJ / Ueda

Macro-économie / Taux
Banque du Japon / BoJ / Ueda

La Banque du Japon déroule sa politique monétaire / Son taux directeur est à son plus haut depuis 1995

Une décision qui ne faisait aucun doute, le comité de politique monétaire de la Banque du Japon a acté - par 7 voix contre une seule - d’opérer une hausse de 25 points de base de son taux directeur et l’a porté à 1 %. Une nouvelle hausse est désormais attendue d’ici la fin de l’année et est considérée comme plus probable qu’auparavant.
Le vice-gouverneur Ishida. Photo par KANAME MUTO / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP
Le vice-gouverneur Ishida. Photo par KANAME MUTO / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP

Un pas de plus vers un durcissement supplémentaire de la politique monétaire. L’annonce que la Banque du Japon (BoJ) allait relever son taux directeur à 1,0 % - soit une hausse de 25 points de base – n’a pas surpris les observateurs, c’est davantage la formulation accompagnant cette annonce qui a été remarquée. Jin Kenzaki, analyste chez Société Générale, explique que celle-ci évoquant un « risque de dérive à la hausse de l’inflation sous-jacente » au-delà de l’objectif de 2 %, constitue « la première reconnaissance explicite des risques à la hausse pesant sur l’inflation sous-jacente ».

L’évaluation des conditions financières a également été modifiée par la BoJ, qui évoque aujourd’hui non plus que « les taux d’intérêt réels se situent à des niveaux très bas » préférant le terme « accommodante ». Le spécialiste du Japon considère que « ce changement pourrait refléter un rapprochement des taux vers un niveau neutre, mais le maintien du terme ‘ accommodante’ suggère que de nouvelles hausses restent d’actualité ». C’est désormais le calendrier des hausses à venir qui occupe les esprits.

 

Agenda

 

En ce qui concerne Jin Kenzaki, il est question d’un rythme soutenu de hausse de taux. Ce qui se caractériserait par une augmentation tous les trois comités, à savoir au mois d’octobre 2026, de mars 2027, de juillet 2027 et enfin de décembre 2027. Pour atterrir à un taux terminal de 2 % à la fin de l’année 2027, ce qui s’inscrit en opposition avec les désirs du gouvernement Takaichi. Ce n’est sans doute pas un hasard si le seul vote contre la hausse de ce mardi est l’œuvre d’Asada, nommé récemment par la cheffe du gouvernement.

Celle-ci espère peut-être que les nouvelles interventions du ministère des finances sur le marché des changes permettront d’empêcher une nouvelle dépréciation du yen. Ce qui permettrait d’atténuer pression exercée sur la BoJ afin qu’elle relève ses taux, cependant l’analyste alerte sur le fait que cela puisse in fine « entraîner une augmentation du ratio dette publique/PIB et une dégradation de la note des obligations d’État japonaises. Cela conduirait en fin de compte à un changement dans les politiques de relance de l’administration Takaichi, et la BoJ procéderait sans hésitation à des hausses de taux ». Encore faudrait-il que les interventions portent leurs fruits, puisque pour l’heure, elles n’empêchent pas la devise nippone d’être à des points bas et ce étant donné qu’il en faut 160 unités pour obtenir un dollar.

 

Prudence

 

Les observateurs considèrent que le choix d’une normalisation progressive constituait la meilleure issue possible pour les investisseurs. Lale Akoner, analyste de marchés chez eToro, explique qu’une « approche plus agressive aurait introduit une réelle incertitude quant aux coûts d’emprunt et exercé une pression sur les marchés boursiers, ce dont personne ne souhaite particulièrement à l’heure actuelle ». Une autre donnée est à prendre en compte, l’hospitalisation du gouverneur Ueda qui a entraîné son remplacement par le vice-gouverneur Ishida. Jean-Thomas Heissat, stratégiste chez CPRAM, n’exclut pas que le ton plus hawkish de la conférence de presse soit lié à ce changement.

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