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Macro-économie / Taux

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Aides d’Etat : la France aurait été bien inspirée de moins soutenir les entreprises matures / Et mettre le paquet sur les jeunes pousses

Selon une étude du Fonds monétaire international, l’efficacité des aides publiques aux entreprises dépend moins de leur montant que de leur destination. En France, les dispositifs ciblant les jeunes sociétés, notamment innovantes, génèrent des gains significatifs en matière de croissance, d’emploi et de productivité, tandis que les aides accordées aux entreprises plus installées produisent des résultats beaucoup plus modestes.
Photo par HENRIQUE CAMPOS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par HENRIQUE CAMPOS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Miser sur le bon cheval. Alors que les aides d’État atteignent des niveaux historiquement élevés en Europe, une étude du Fonds monétaire international (FMI) plaide pour un ciblage plus fin des soutiens publics. Un travail consacré par deux de ses économistes à la France montre que les aides versées entre 2016 et 2023 ont produit des effets très contrastés selon le profil des entreprises bénéficiaires.

Les jeunes entreprises sont de loin les principales gagnantes des dispositifs publics. En moyenne, les sociétés récemment créées enregistrent une hausse de leurs ventes de 71 % après avoir reçu une aide publique, un résultat très supérieur à celui observé pour l’ensemble des bénéficiaires. Les effets positifs se retrouvent également sur l’emploi et la productivité.

Pour Xun Li et Maryam Vaziri, auteurs de l’étude, cette performance s’explique par les contraintes de financement auxquelles sont confrontées les jeunes pousses. Faute d’accès suffisant au crédit ou aux marchés financiers, ces entreprises peinent souvent à concrétiser leur potentiel de croissance. L’aide publique agit alors comme un levier permettant de débloquer des investissements privés supplémentaires. L’étude met d’ailleurs en évidence un phénomène de « crowding in » : après avoir reçu une aide, les jeunes entreprises augmentent leur recours à l’endettement privé.

Inversement, les résultats apparaissent beaucoup moins convaincants pour les entreprises plus anciennes ou plus grandes. Les chercheurs observent des effets faibles, voire inexistants, sur leur activité économique. Ces conclusions remettent en question les politiques fondées principalement sur la taille des entreprises, souvent privilégiées dans les dispositifs de soutien.

L’étude souligne également que la nature de l’aide doit être adaptée aux caractéristiques des secteurs concernés. Les aides à la recherche et développement affichent les meilleurs résultats dans les secteurs de haute technologie, en particulier lorsqu’elles bénéficient à de jeunes entreprises innovantes. Dans ces activités, les retombées technologiques et les difficultés de financement justifient davantage l’intervention publique.

Dans l’industrie manufacturière, ce sont les aides liées à l’énergie et à l’environnement qui se révèlent les plus efficaces. Les résultats suggèrent qu’elles peuvent accompagner les entreprises dans leur adaptation aux contraintes de la transition écologique. Les auteurs observent notamment que les industriels bénéficiant de ces soutiens réduisent davantage leur intensité carbone lorsque le prix du carbone augmente.

Cela nourrit le débat sur le rôle des politiques industrielles dans la décarbonation de l’économie. Selon l’étude, les subventions énergétiques ne serviraient pas uniquement à compenser les coûts environnementaux imposés aux entreprises, mais pourraient aussi accélérer l’adoption de technologies moins émettrices.

Les auteurs appellent toutefois à la prudence. Les effets observés concernent principalement les entreprises directement bénéficiaires et ne prennent pas en compte les éventuelles conséquences sur leurs concurrents ou sur l’allocation globale des ressources dans l’économie. Certaines aides peuvent en effet générer des distorsions de concurrence ou des effets négatifs sur d’autres acteurs du marché. C’est d’ailleurs pour cela que leur déploiement est étroitement surveillé par la Commission européenne.

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