Macro-économie / Taux
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La richesse financière mondiale accélère malgré les turbulences géopolitiques / Une poignée de places fortes capte l’essentiel des flux
Dans un monde sous tension, la richesse financière mondiale continue de prospérer. Alors que les guerres commerciales, les menaces tarifaires et les rivalités géopolitiques ont marqué l’année 2025, la richesse financière mondiale a enregistré sa plus forte progression depuis 2021. Selon une étude du Boston Consulting Group (BCG), elle a bondi de 10,7 % pour atteindre 333 000 milliards de dollars, soit deux points de plus que l’année précédente. En intégrant les actifs réels, la richesse nette mondiale s’élève désormais à 550 000 milliards de dollars, en hausse de 9,3 %.
Cette dynamique a été largement alimentée par les marchés financiers. Les actions ont gagné 13,2 % sur l’année, tandis que les actifs réels ont progressé de 7,4 %, freinés par la hausse des prix et l’augmentation de l’offre dans plusieurs économies développées. L’or s’est imposé comme la vedette de l’année avec une envolée de près de 44 %, soutenue à la fois par les achats des particuliers et par les acquisitions massives des banques centrales, reflet des interrogations croissantes sur la stabilité des monnaies de réserve.
L’Asie-Pacifique demeure l’un des principaux moteurs de création de richesse, portée par sa place stratégique dans la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. Des exportations de semi-conducteurs sud-coréens aux investissements massifs dans les centres de données en Asie du Sud-Est, la région bénéficie pleinement de la révolution technologique en cours.
L’Europe occidentale, quant à elle, a signé la meilleure performance parmi les grandes régions développées avec une hausse de 15,3 %. Cette progression s’explique principalement par des effets de change favorables et par un niveau d’épargne des ménages resté élevé. Les fondamentaux économiques demeurent néanmoins plus fragiles, avec une croissance limitée des marchés actions et une faible exposition aux secteurs les plus dynamiques.
Les patrimoines transfrontaliers ont progressé de 8,4 % en 2025 pour atteindre 15 700 milliards de dollars, soutenus par les performances des marchés et par la recherche croissante de diversification géographique. Cette activité se concentre de plus en plus entre les mains d’un nombre réduit de places financières. Les dix premiers centres mondiaux captent désormais près de 90 % des nouveaux flux internationaux et détiennent plus de 80 % des encours existants.
Pour la première fois, Hong Kong a dépassé la Suisse pour devenir le premier centre mondial de gestion de fortune transfrontalière. Les actifs administrés y ont progressé de 10,7 % pour atteindre 2 900 milliards de dollars, bénéficiant des flux en provenance de Chine continentale et du dynamisme retrouvé des marchés financiers locaux. La Suisse conserve néanmoins une position centrale avec un encours équivalent de 2 900 milliards de dollars et une croissance de 7,6 %. Son image de valeur refuge pourrait même renforcer son attractivité dans un contexte international marqué par l’incertitude.
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