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Le « repreneuriat » n’a pas le vent en poupe / Le recul des transmissions d'entreprises risque de poser problème rapidement
Les transmissions d’entreprises manquent de souffle. En 2025, 29 766 ventes et cessions de fonds de commerce ont été enregistrées en France, d’après les chiffres d’Altares. Cela traduit un recul de 6,1 % sur un an et fait repasser le volume des opérations sous la barre des 30 000, pour la première fois depuis 2022. « Après le rebond ‘post-Covid’ observé en 2021-2022, la dynamique des transmissions peine à se relancer. Sans s’effondrer, le marché s’essouffle et se stabilise autour de 30 000 cessions chaque année. Le début de l’année 2026 confirme ce climat atone. À l’issue du premier trimestre, on comptabilise 7 723 transactions, en repli de 2,9 % par rapport au premier trimestre de 2025 », détaille le rapport. Après une forte inflation observée sur les deux dernières années, le prix de vente moyen a baissé de 6,4 %, à près de 242 000 euros. Mais en réalité, ce montant reste élevé par rapport au ticket moyen de 200 000 euros qui s’observait avant la crise sanitaire, précise l’étude d’Altares.
« La bonne surprise nous provient de la restauration qui, en dépit des difficultés du secteur, continue de drainer le quart des transactions. On retient aussi l’embellie du côté de la boulangerie, dont les fonds sont bien mieux valorisés », observe quant à lui Thierry Millon, directeur des études Altares. Là où la situation semble plus préoccupante, c’est au niveau des dynamiques territoriales.
En effet, seules les grandes villes semblent encore capables de soutenir les valorisations (avec une hausse des prix de 7,3 %), tandis que les bourgs ruraux sont clairement à la peine, avec une chute des prix de 12,6 %. « La transmission d’un fonds de commerce ne dépend pas uniquement de sa santé financière, elle doit aussi composer avec la réalité de l’économie locale. En cela, le marché de la transmission nous dit beaucoup de la capacité d’un territoire à renouveler son commerce et conserver la vitalité de son tissu d’entreprises de proximité », regrette Thierry Millon. À noter par ailleurs que si les TPE concentrent l’essentiel des transactions (environ 91 %), celles concernant les PME sont restées stables l’année dernière, tandis que du côté des ETI, la hausse est de plus de 20 %.
La dynamique baissière des reprises d’entreprises est à mettre en regard d’un mur de transmissions qui s’approche. En effet, 370 000 TPE, PME et ETI seront à transmettre d’ici 2030, tandis que sur les dix prochaines années, il est estimé que près de 500 000 patrons partiront à la retraite - plus d’un tiers des entreprises en activité touchées dans certains territoires -. Ce dernier chiffre met environ 3 millions d’emplois en jeu.
Et dans un contexte où une entreprise sur deux ne trouve pas de repreneur, le gouvernement a récemment lancé une stratégie nationale pour accélérer ce mouvement chez les TPE et PME. L’enjeu : éviter des fermetures en chaîne, au travers de campagne de sensibilisation, de pédagogie pour mettre en lumière cette pratique moins valorisée que la création d’entreprise, ou bien offrir plus de visibilité aux opportunités de reprise, avec le concours de Bpifrance. Et, enfin, faciliter l’accès au financement.
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