Macro-économie / Taux
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Prime d’activité : un pilier du pouvoir d’achat des plus modestes / C’est toutefois un dispositif coûteux aux effets limités sur l’emploi
La prime d’activité peut mieux faire. Dans un rapport, la Cour des comptes s’est attelée à analyser les multiples retombées de ce dispositif. Pour mémoire, créée en 2016, la prime d’activité résulte de la fusion entre la prime pour l’emploi et le volet “activité” du RSA. Elle poursuit deux objectifs principaux : améliorer le niveau de vie des travailleurs modestes et encourager l’exercice ou la reprise d’une activité professionnelle. Elle représentait un coût supérieur à 10 milliards d’euros en 2024 et concerne près de 4,8 millions de bénéficiaires.
Sur le plan du pouvoir d’achat, la Cour des comptes souligne un effet globalement significatif et bien ciblé. La prestation bénéficie principalement aux ménages les plus modestes : environ 30 % des foyers situés dans les quatre premiers déciles de revenus y ont recours. Elle représente une part non négligeable du revenu disponible et aide à réduire le taux de pauvreté d’environ 1,3 point.
Cette réussite s’accompagne de limites. En effet, le rapport pointe un dispositif complexe, fortement familialisé et parfois difficile à comprendre pour les bénéficiaires, ce qui nuit à sa lisibilité. Ceci contribue à un non-recours encore élevé, estimé autour de 30 % avant 2019. Elle est également à l’origine d’erreurs de déclaration fréquentes, générant un volume important d’indus, estimé à 1,8 million de cas en 2024.
Sur le volet de l’emploi, le bilan est également pour le moins contrasté. Les travaux de l’Institut des politiques publiques (IPP) cités par la Cour montrent que la réforme de 2019, pourtant significative sur le plan budgétaire, n’a pas conduit à une hausse mesurable de l’offre de travail. Les Sages de la rue Cambon expliquent que la majorité des bénéficiaires déclarent ne pas adapter leur comportement professionnel en fonction de la prime.
Comment l’expliquer ? D’une part, la complexité du calcul et la faible lisibilité des droits réduisent la compréhension des gains associés à la reprise d’activité. D’autre part, la structure même de la prestation, très familialisée, atténue parfois l’impact des incitations individuelles. Enfin, certaines interactions avec d’autres dispositifs sociaux peuvent réduire les gains financiers liés à l’augmentation du travail.
Dans ses recommandations, la Cour des comptes propose une réorientation progressive du dispositif autour d’un objectif plus lisible et plus efficace d’incitation au travail, sans nécessairement augmenter la dépense publique. Elle estime d’abord nécessaire de renforcer la cohérence globale de la prestation en ciblant davantage les publics pour lesquels l’effet incitatif est sensible. Cela passe notamment par la fin de l’éligibilité de certains profils, comme les apprentis ou les retraités en cumul emploi-retraite, pour lesquels la prime joue davantage un rôle de complément de revenu que de stimulation de l’activité.
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