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Professions financières

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Usage de l'IA par les conseillers en investissement : une perception des Français majoritairement positive / Les risques ne sont pas occultés pour autant

L’Autorité des marchés financiers a publié, pour la première fois, une édition spéciale de son baromètre de l’épargne et de l’investissement, dédiée à l’intelligence artificielle. L’utilisation de la technologie pour s’informer avant un placement reste largement minoritaire, bien que des disparités générationnelles ou relatives à l’appétence pour le risque existent. Si les conseillers bancaires et financiers restent leur source privilégiée, les Français semblent néanmoins avoir une perception positive de l’usage de l’IA par les professionnels, notamment pour avoir des conseils plus personnalisés, améliorer la performance ou réduire les frais de placement. Les risques sont eux aussi identifiés.
Crédits : AFP
Crédits : AFP

Ce n’est pas encore une déferlante. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié, pour la première fois, une édition spéciale de son baromètre de l’épargne et de l’investissement, consacrée à l’intelligence artificielle. Comme cela avait été analysé il y a quelques mois, il en ressort que seuls 11 % des Français utilisent l’IA pour s’informer avant de placer leur argent, contre 42 % qui se tournent vers un conseiller bancaire ou financier. En revanche, la nouvelle analyse approfondie démontre que l’écart entre les femmes et les hommes reste modéré, tandis que les moins de 35 ans sont bien plus enclins à y recourir que leurs aînés (19 %, contre 4 % chez les plus de 55 ans).

Elle est essentiellement utilisée comme source d’information complémentaire avant d’effectuer un placement – pour rechercher des informations à son propos, ou mieux comprendre les produits financiers. Cette utilisation informationnelle est, par ailleurs, plus marquée chez les profils ayant de l’appétence aux risques (avec les investisseurs en cryptoactifs en tête, à 33 %, devançant de près de 10 points les investisseurs en crowdfunding et de 14 points les investisseurs en Bourse). De même, près de 30 % des Français se disant prêts à accepter une plus grande part de risques pour leurs placements - afin d’obtenir la meilleure rémunération possible - ont recours à l’IA pour s’informer en amont de leurs décisions.

 

Une perception positive

 

Certes, les professionnels de l’investissement ne semblent donc pas encore être en passe de se faire devancer par l’IA. En revanche, les perceptions sur les avantages et les risques d’un usage accru, dans les prochaines années, de l’IA par les établissements financiers et conseillers pour proposer des investissements et les gérer, sont plus contrastées. Plus de la moitié des Français sont par exemple d’accord avec le fait qu’une progression de son utilisation, par les professionnels, pourrait leur permettre d’avoir des conseils mieux ajustés à leur situation.

Là encore, le facteur de l’âge semble jouer : 70 % le pensent chez les moins de 35 ans, 60 % chez les 35-54 ans et 38 % chez les plus de 55 ans. Les connaissances initiales dans les produits d’épargne et de placement ont aussi leur rôle. Les répondants déclarant être bien au fait de ces placements sont 68 % à estimer qu’elle serait utile pour recevoir de meilleurs conseils, contre 44 % chez ceux qui ne le sont pas.

Les professionnels seraient-ils toutefois irremplaçables ? Plus de la moitié des répondants estiment en tout cas que l’utilisation de l’IA par ces derniers pourrait à terme remplacer le rôle d’un conseiller humain en matière d’investissement. De nouveau, les jeunes de moins de 35 ans le pensent plus que les autres, tout comme les investisseurs : 68 % des investisseurs en cryptoactifs, 63 % des investisseurs en Bourse, contre 45 % seulement de ceux qui ne détiennent aucun placement non garanti.

 

Facteur d’erreurs ou de mauvaises décisions

 

Les Français sont toutefois au fait des mauvais côtés du sujet. Parmi l’ensemble des répondants, 67 % déclarent être d’accord avec le fait que cette utilisation de l’IA par les professionnels comporte des risques pour les investisseurs (erreurs, mauvaises décisions). Et les personnes qui délèguent effectivement leurs décisions de placement à un conseiller financier sont plus convaincues que les autres de ces risques.

L’avantage de cette utilisation professionnelle de l’IA résiderait, pour la moitié des répondants, dans le fait que les placements pourraient être plus performants, et à de moindres frais. Les investisseurs en cryptoactifs sont plus nombreux à relever ce sujet, même si l’opinion reste partagée par les adeptes de la Bourse et du crowdfunding. Plus de risques, plus de performances, moins de frais donc… mais aussi moins de transparence et plus de complexité. En effet, 57 % des répondants citent également ces deux derniers points lorsqu’ils sont interrogés sur l’utilisation de l’IA par les professionnels.

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