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Pourquoi Saint-Gobain fait usage d’un prix interne du carbone / Un outil pour piloter autrement les investissements et la R&D

Le géant des matériaux de construction a profité de son assemblée générale pour présenter ses performances extra-financières et ses avancées en la matière. Parmi les leviers utilisés pour atteindre les objectifs de sa stratégie climatique, figure notamment l’utilisation en interne, sur tous ses marchés, d’un prix (fictif) du carbone, permettant d’appréhender les retours sur investissement ou de justifier certains projets de recherche et développement sous un autre angle.
De gauche à droite : Claire Pedini, directrice de la RSE ; Antoine Vignial, secrétaire général ; Benoit Bazin, président-directeur général et Maud Thuaudet, directrice financière. crédits : AG Saint-Gobain
De gauche à droite : Claire Pedini, directrice de la RSE ; Antoine Vignial, secrétaire général ; Benoit Bazin, président-directeur général et Maud Thuaudet, directrice financière. crédits : AG Saint-Gobain

Saint-Gobain joint le geste à la parole. Revendiquant son titre de leader mondial de la construction durable, le groupe a profité de son assemblée générale des actionnaires pour détailler ses performances extra-financières. Parmi elles, sa stratégie climatique et en son sein, plusieurs objectifs relatifs au traitement de l’eau, à la circularité des déchets et, forcément, à l’amélioration de son empreinte carbone. D’ici 2035 et par rapport à 2017, le géant des matériaux de construction vise, en effet, à réduire de 40 % à 45 % ses émissions relatives au Scope 1 et 2 (- 35 % en 2025), ainsi qu’à faire baisser de 16 % celles relatives au Scope 3 d’ici 2030, dans le but d’être zéro émission nette en 2050.

Plusieurs leviers sont donc activés pour atteindre les objectifs de cette feuille de route climatique, dont celui d’y associer l’ensemble de l’organisation, a expliqué la directrice générale adjointe, directrice de la RSE du groupe, Claire Pedini. C’est notamment pour cela que Saint-Gobain fait, entre autres, un usage d’un prix interne du carbone : 100 euros par tonne de CO2 pour les investissements, 200 euros par tonne pour les projets de recherche et développement, dans tous ses pays d’activité.

 

Pour quoi faire ?

 

Une mécanique qui n’a pas manqué d’interroger un actionnaire sur son fonctionnement ou utilité, notamment au regard de l’existence du marché carbone européen et des prix qui s’y observent. « C’est quelque chose que nous nous imposons en interne », a expliqué le président-directeur général Benoit Bazin, précisant que cela avait été lancé par son prédécesseur, Pierre-André de Chalendar, en 2017 et que les prix avaient été progressivement relevés. « Ce n’est pas quelque chose que nous payons en cash, à l’extérieur. Cela nous permet de modéliser et de justifier des efforts d’investissement et de R & D », a-t-il poursuivi.

Prenant entre autres l’exemple d’un four verrier, Benoit Bazin a illustré : si l’on ne considère que le récupérateur de chaleur qui y est installé, le retour sur investissement est d’un peu plus de dix ans. « En revanche, si vous attribuez, de manière fictive, 100 euros à cette tonne et que l’on récupère cette chaleur fatale, qu’on ne la perd pas et qu’on ne la paye pas en émission de CO2, le retour sur investissement devient de quatre ou cinq ans, ce qui pousse à le faire », a indiqué le président-directeur général de Saint-Gobain. « C’est cette dynamique interne qui permet de progresser, quels que soient les marchés dans le monde, avec ou sans marché réel du carbone », a-t-il souligné.

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