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Macro-économie / Taux

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Family offices, la grande réallocation / La géopolitique et le risque de concentration rebattent les cartes

Selon le Global Family Office Report 2026 d’UBS, six family offices sur dix prévoient de modifier leur allocation stratégique d’actifs dans les douze prochains mois, un record. Plusieurs facteurs paraissent expliquer ce changement, dont la montée des risques géopolitiques, les interrogations sur la domination du dollar, les craintes liées à la dette mondiale et la recherche d’une meilleure diversification géographique et sectorielle.
Photo par BERNARD JAUBERT / ONLY WORLD / ONLY FRANCE VIA AFP
Photo par BERNARD JAUBERT / ONLY WORLD / ONLY FRANCE VIA AFP

Nombre de family offices repensent leur portefeuille. Dans le détail, 60 % d’entre eux, interrogés par UBS, envisagent de revoir leur allocation stratégique d’actifs dans l’année à venir. Un niveau inédit, depuis qu’UBS mesure cette variable, en lien avec l'adaptation à un nouvel environnement mondial jugé plus incertain, explique le rapport de la banque suisse, qui s’est appuyée sur les témoignages de 307 de ses clients dont la fortune totale atteint 627,4 milliards de dollars.

La principale explication est géopolitique. Les conflits internationaux constituent désormais le premier risque identifié à court comme à long terme par les grandes fortunes. Cette préoccupation s’accompagne d’une montée des inquiétudes concernant l’endettement public mondial, les risques de ralentissement économique et les tensions commerciales entre grandes puissances.

Le rapport souligne que les family offices cherchent donc à se diversifier davantage, ce qui explique notamment la révision des allocations géographiques. Ainsi, bien que l’Amérique du Nord demeure la première destination des investissements, de nombreux family offices considèrent que leur exposition est devenue trop importante. Ils prévoient ainsi de renforcer leurs positions en Europe occidentale, en Asie-Pacifique et en Grande Chine afin de mieux répartir les risques.

Dans la même veine, la question monétaire joue également un rôle croissant. Selon l’étude, 65 % des répondants anticipent un affaiblissement de la confiance dans le statut de monnaie de réserve du dollar américain. Sans remettre en cause son rôle central, cette évolution pousse les investisseurs à construire des portefeuilles davantage exposés à l’euro et au franc suisse, dans une logique de diversification des risques de change. « Beaucoup envisagent de réduire leur exposition au dollar américain ou prévoient de se diversifier au niveau régional, mais les actifs nord-américains continuent clairement de représenter la plus grande part des allocations », indique Benjamin Cavalli, responsable des clients stratégiques et de la connectivité mondiale chez UBS Global Wealth Management.

La réallocation concerne aussi les classes d’actifs. En effet, les family offices augmentent progressivement leur exposition aux infrastructures et aux marchés émergents, tout en réduisant leur poids dans l’immobilier. Les infrastructures apparaissent en particulier comme un moyen de combiner visibilité à long terme, protection contre l’inflation et résilience économique.

Parallèlement, l’intelligence artificielle s’impose comme l’un des rares thèmes capables de traverser les cycles économiques. Déjà présente dans les portefeuilles de 65 % des family offices, elle bénéficie d’investissements sur l’ensemble de la chaîne de valeur, des centres de données aux logiciels en passant par les semi-conducteurs.

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