Macro-économie / Taux
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France : Bruxelles ne croit pas à une réduction du déficit public pour 2026 / Et le voit partir dans le décor en 2027 si rien n’est fait
Des prévisions bruxelloises contrariantes sur le plan de l’activité et des finances publiques pour la France. Du fait du choc énergétique, la Commission européenne a dévoilé anticiper une hausse de 0,8% du Produit intérieur brut (PIB) en volume de l’Hexagone, soit une révision à la baisse de 0,1 point par rapport à ses projections d’automne. Pour mémoire, le gouvernement s’attend à une progression de 0,9% de cet agrégat cette année.
Bruxelles prévoit que les exportations nettes devraient contribuer pour 0,2 point de pourcentage à la croissance, tirées par les exportations aéronautiques et de défense. « Cependant, la croissance de la consommation privée devrait rester modérée, pénalisée par l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le revenu disponible réel. Le taux d’épargne devrait légèrement diminuer en 2026, tout en restant élevé à 17,6 % », explique l’exécutif européen.
Ses nouvelles prévisions s’arrêtent également sur les finances publiques. La Commission juge que le déficit ne diminuera pas de 0,1 point, à 5% du PIB comme l’escompte le gouvernement, mais qu’il s’affichera à 5,1% comme en 2025. « Les ratios des recettes et celui des dépenses par rapport au PIB devraient légèrement augmenter, de 0,2 point de PIB chacun », estime-t-elle, indiquant avoir pris en compte les économies de dépenses annoncées pour atténuer le coût budgétaire du conflit au Moyen-Orient.
Pour 2027, la Commission européenne soutient qu’à politique inchangée, le déficit public de la France représentera 5,7% du PIB, soit un accroissement de près de 20 milliards d’euros par rapport à 2026. « Certaines mesures de recettes prévues en 2026 arrivent à expiration. Le ratio des recettes devrait donc reculer de 0,2 point de PIB, tandis que celui des dépenses devrait augmenter de 0,4 point, avec une hausse supplémentaire des charges d’intérêt à 2,8 % du PIB », détaille Bruxelles.
En cas d’adoption d’une loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2027, il apparaît peu probable que ce chiffre soit atteint. Toutefois, si une loi spéciale était mise en œuvre sur l’ensemble de l’année prochaine, c’est possiblement l’ordre de grandeur auquel il faudrait s’attendre. Récemment, David Amiel, ministre des Comptes publics, a confié une mission à l’Inspection générale des finances pour "mettr[e] sur la table l’ensemble des données sur l’impact d’une loi spéciale" sur une large part de 2027. Ces travaux devraient être remis courant juin.
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