Macro-économie / Taux
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Zone euro : le choc énergétique accentue sa morsure / Contraction record de l’activité depuis deux ans et demi
Le choc énergétique fait de plus en plus mal à la zone euro. L’activité de son secteur privé a reculé pour le deuxième mois consécutif en mai, à un rythme inédit depuis octobre 2023, d’après l’enquête de S & P Global auprès des directeurs d’achats (PMI). L’indice PMI composite, qui regroupe le secteur manufacturier et celui des services, est tombé à 47,5, contre 48,8 en avril, restant nettement sous le seuil des 50 points qui marque la frontière entre expansion et contraction.
Cette détérioration repose avant tout sur l’affaiblissement des services, dont l’activité enregistre sa plus forte baisse depuis février 2021. L’industrie manufacturière résiste encore, soutenue par la constitution de stocks de sécurité face aux perturbations d’approvisionnement, mais cet effet tampon commence à s’essouffler. La demande se replie désormais dans l’ensemble de l’économie. Le volume global des nouvelles affaires accuse sa plus forte contraction depuis dix-huit mois et les commandes à l’export enregistrent leur recul le plus marqué depuis janvier 2025.
Dans le même temps, le marché du travail commence à se détériorer plus nettement. L’emploi recule pour le cinquième mois consécutif dans le secteur privé de la zone euro, à son rythme le plus soutenu hors pandémie depuis août 2013. Les suppressions de postes sont particulièrement marquées dans l’industrie.
Par ailleurs, les entreprises signalent une forte accélération des coûts, alimentée par la hausse des prix de l’énergie et l’allongement des délais de livraison. L’inflation des coûts atteint son plus haut niveau depuis trois ans et demi et les entreprises commencent progressivement à répercuter ces hausses sur leurs prix de vente. "Comme la demande s’affaiblit, il semble que les entreprises auront plus de mal à répercuter la hausse de leurs coûts des intrants sur le consommateur. Les prix de vente indiqués par l’enquête n’ont augmenté que très légèrement plus vite que le mois dernier", explique Bert Colijn, chef économiste chez ING. "Cette crise diffère donc de celle de 2022, car elle devrait quelque peu freiner la hausse des prix à la consommation, mais elle suscite également davantage d’inquiétudes quant à la croissance, les marges des entreprises étant sous pression", soutient-il.
Chris Williamson, économiste en chef chez S & P Global Market Intelligence, estime que « les données de l’enquête suggèrent une contraction de l’économie de l’ordre de 0,2 % au deuxième trimestre 2026 ».
Du point de vue prospectif, les perspectives d’activité à douze mois se sont repliées à leur plus bas niveau depuis trente-deux mois.
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