Macro-économie / Taux
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Finances publiques : les Français ont leur idée pour les redresser / Ce qu’ils jugent acceptable, ce qui ne l'est pas
Les Français prêts à payer l’addition ? Alors que l’Hexagone doit mettre la main sur une centaine de milliards d’euros pour être en mesure d’au moins stabiliser son taux d’endettement public à partir de 2029, les recettes pour y parvenir font largement débat. Dans une étude, un chercheur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), Adrien Fabre, s’est intéressé à l’opinion de la population française sur la question.
Pour ce faire, il s’est appuyé sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes, auxquelles le panéliste Bilendi a soumis trente mesures de redressement. Les sondés ont dû qualifier chacune d’elles d’« inacceptable », de « supportable », de « convenable » ou de « souhaitable ». La possibilité de ne pas se prononcer a également été laissée.
Qu’en ressort-il ? Vingt-cinq des trente mesures ont été jugées au moins « supportables » par une majorité de sondés. Tant et si bien que si elles étaient toutes mises en œuvre, la France pourrait dénicher 174,6 milliards d’euros.
La mesure la plus populaire a trait aux collectivités locales (57% la trouvent souhaitable, 20% convenable, 5% supportable) : il s’agit du vieux serpent de mer visant à éliminer les doublons entre échelons territoriaux, ce qui rapporterait 9 milliards d’euros. Sur les deux dernières marches du podium on trouve la création d’un taux de TVA à 25 % pour les biens de luxe (montres, yachts, voitures de sport...) qui permettrait de lever 3,5 milliards d’euros et le rétablissement d’une version renforcée de l'impôt sur la fortune des millionnaires - avec un taux de 2% pour les milliardaires - qui rapporterait 11 milliards d’euros.
Si l’on se concentre sur les mesures les plus impactantes en termes de réduction de déficit public, il faut également noter qu’une majorité de sondés juge au moins « supportable » le gel pendant deux ans des dépenses de l'État et des collectivités territoriales (21,4 milliards d’euros), l’annulation de la hausse prévue des dépenses militaires, la suppression des avantages fiscaux aux compléments de salaire (intéressement, participation, tickets-restaurants, etc. – 18 milliards d’euros), la restauration de la taxe d'habitation sur les 20 % les plus aisés (9,3 milliards d’euros) ou encore l'augmentation de l'âge légal de départ à la retraite de 64 à 65 ans sauf pour les carrières longues ou avec pénibilité (15 milliards d'euros).
Sans grande surprise, trois des cinq mesures refusées par les sondés (absence de majorité les trouvant au moins "supportables") auraient pour effet de toucher une part importante de la population, du moins elles apparaissent les affecter plus directement. Il s'agit de l'augmentation d'un point du taux normal de TVA (6 milliards d'euros), de la soumission des intérêts du Livret A et du LDDS à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (67% la trouvent inacceptable - 2,2 milliards d'euros) et de l'accroissement d'un point du taux de CSG (14,6 milliards d'euros).
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