Macro-économie / Taux
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La crise au Moyen-Orient ravive l’intérêt pour le méthane / De nouvelles sources d’approvisionnements semblent disponibles
Une mise en lumière opportune. La crise actuelle au Moyen-Orient vient mettre en exergue les dangers d’une fermeture du détroit d’Ormuz pour la sécurité d'approvisionnement en gaz d’une partie du globe. L’arrêt presque total des flux ayant retiré du marché près de 20 % des volumes mondiaux en gaz naturel liquéfié (GNL). Tout en notant qu’un certain nombre de producteurs disposent de capacités d'exportation de gaz excédentaires, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en avant le fait qu’il serait à propos que les pays mettent en œuvre des mesures de réduction des émissions de méthane facilement accessibles sur l'ensemble de leurs réseaux gaziers.
Les bénéfices d’une telle action seraient la possibilité d’une mise à disposition des marchés de près de 15 milliards de mètres cubes de gaz (Gmc) supplémentaires. Un gain à court terme auquel peuvent s’en ajouter d’autres sur le plus long terme, les équipes de Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, expliquant que les efforts déployés pour réduire les émissions de méthane issues des opérations pétrolières et gazières à l'échelle mondiale « pourraient permettre d'approvisionner les marchés de près de 100 Gmc de gaz par an, tandis que l'élimination du torchage du gaz non lié aux situations d'urgence pourrait libérer 100 Gmc supplémentaires ». L’ensemble de ces économies représente au total près du double des volumes ne pouvant plus transiter par le détroit.
Hétérogénéité
Le double bénéfice d’un tel effort est martelé par Tim Gould, économiste en chef de l'énergie à l'AIE, lequel insiste sur le fait qu’il « ne s'agit pas seulement d'un enjeu climatique : la lutte contre le méthane et le torchage peut également apporter des avantages considérables en matière de sécurité énergétique, notamment à l'heure où le monde recherche d'urgence des sources d'approvisionnement supplémentaires face à la crise actuelle ». Les clés semblent se trouver dans les mains d’un nombre pour le moins réduit de pays et ce bien que les marges de progression soient pour le moins conséquentes.
Les données communiquées par l’AIE font état d’une intensité méthane de la production de pétrole et de gaz variant fortement d'un pays à l'autre. Une hétérogénéité telle qu’il s’avère que « les pays les plus performants affichent des scores plus de 100 fois supérieurs à ceux des moins performants ». Dès lors, il apparaît logique que près de 70 % des émissions de méthane issues des combustibles fossiles en 2025 proviennent des dix plus grands émetteurs.
Pionniers
Certains pays et régions semblent à la fois plus avancés sur la question et moins disposés à relâcher leurs efforts. On retrouve parmi eux le Canada et l'Union européenne, où des réglementations strictes ont récemment été adoptées pour l'amont de la production, lequel est responsable de près de 80 % des émissions de méthane du secteur gazier. L’AIE rapporte que le Brésil, le Ghana et le Kazakhstan seraient en train d’emboîter le pas. De quoi faire espérer à l’institution que les émissions de méthane du secteur énergétique, plafonnant à des niveaux proches des records en 2025, soient bientôt de l’histoire ancienne.
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