Macro-économie / Taux
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Inflation : la BCE temporise, ne percevant pas d’effets de second tour / Une hausse des taux en juin n'en est pas moins de plus en plus probable
Pour la Banque centrale européenne (BCE), c’est non. L’évolution de la situation macroéconomique en zone euro, marquée par une augmentation de l’inflation en lien avec une crise énergétique, ne justifie pas encore de relever les taux d’intérêt directeurs. Réuni cette semaine, le Conseil des gouverneurs a décidé de laisser inchangé le principal d’entre eux, le taux de la facilité de dépôt, à 2 %.
L’inflation a atteint 3 % en avril, contre 2,6 % en mars et 1,9 % en février. Dans le détail, l’inflation énergétique a bondi à 10,9 % après 5,1 % en mars, tandis que l’inflation alimentaire a légèrement augmenté à 2,5 %. L’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, a quant à elle diminué à 2,2 %, après 2,3 % en mars.
A l’occasion de sa conférence de presse, pour justifier la décision du Conseil des gouverneurs, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a notamment évoqué l’absence d’effets de second tour. Ceux-ci sont de nature à provoquer une réaction de la Banque centrale étant donné qu’ils présagent d’une inflation pouvant évoluer à un niveau élevé de façon durable. « C’est quelque chose à quoi nous devons être très attentifs. Nous recevons des informations non pas contraires, mais incohérentes. Par exemple, lorsque je lis les résultats de l’enquête téléphonique auprès des entreprises, il n’y a pas l’intention, de la part des dirigeants d’entreprise, d’augmenter significativement les salaires », a souligné Christine Lagarde.
Si elle a également indiqué que les anticipations d’inflation à court terme avaient nettement augmenté, elle a affirmé que la plupart des mesures d’anticipation à long terme restaient proches de 2 %, ce qui « soutient la stabilisation de l’inflation autour de l’objectif à moyen terme ». L’autre raison évoquée pour expliquer le statu quo a trait aux conditions de financement qui se sont resserrées en zone euro, réduisant la nécessité pour la BCE d’agir.
Reste que Christine Lagarde a reconnu que les aléas autour de la trajectoire de l’inflation étaient « haussiers » quand le mois dernier elle parlait de risques « plutôt haussiers », ce qui n’a pas échappé aux observateurs. De même lorsqu’elle a concédé que l’évolution de la situation s’écartait du scénario central de la BCE.
A noter également que si Christine Lagarde a déclaré que la décision de maintenir les taux avait été prise à l’unanimité, elle a rapporté qu’une discussion sur une hausse des taux avait eu lieu pendant la réunion du Conseil des gouverneurs.
Il n’en fallait pas plus pour renforcer les anticipations de hausse de taux de nombreux experts lors de la réunion des 10 et 11 juin. "Sans accord immédiat entre les États-Unis et l’Iran qui ferait fortement baisser les prix de l’énergie, [cela] devient plus probable", juge Ann-Katrin Petersen, Chief Investment Strategist "Allemagne, Autriche, Suisse et Europe de l’Est" du BlackRock Investment Institute.
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