Macro-économie / Taux
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BCE : une indifférence renouvelée face au choc énergétique ? / Demain, le statu quo monétaire devrait être de mise
Le resserrement monétaire ne devrait pas être pour demain. Réuni depuis hier pour décider de la fixation des taux d’intérêt directeurs, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) va devoir se prononcer dans un contexte très hostile pour son objectif d’inflation à moyen terme. L’explosion des prix des hydrocarbures met en péril l’atteinte de celui-ci. En mars, l’institution de Francfort avait choisi le statu quo monétaire.
Pour Josefina Rodriguez, économiste chez Vanguard, la BCE n’a pas de raison d’agir dans l’immédiat. Elle estime que si l’inflation globale devrait remonter autour de 3,1 % à court terme sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, les pressions sous-jacentes restent contenues et l’activité ralentit nettement. Pour mémoire, la BCE a les yeux rivés sur l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) car celle-ci a une influence notable sur le niveau de l’inflation à moyen terme. En mars, l'inflation de la zone euro hors énergie et alimentation s'est établie à 2,3% sur un an.
Même lecture du côté de Bénédicte Kukla, cheffe stratégique chez Indosuez Wealth Management, qui fait remarquer que le resserrement des conditions financières est déjà à l’œuvre via les marchés. La remontée du rendement du Bund allemand à 10 ans au-delà de 3 % contribue à freiner le crédit, réduisant la nécessité d’une intervention immédiate.
D’aucuns jugent que cette combinaison d’inflation énergétique et de ralentissement économique, en tout cas d’après les enquêtes PMI, nourrit toutefois un risque de stagflation que la BCE ne peut ignorer. « La communication sera clé », souligne Alessia Berardi, responsable de la macroéconomie à l'Amundi Investment Institute. «Pour l’instant, les prix du marché du pétrole et du gaz restent proches des hypothèses de base que la BCE a présentées en mars », ajoute l’économiste.
Dans ce contexte, la conférence de presse devrait surtout réaffirmer une ligne de conduite inchangée : patience, vigilance et dépendance aux données. Les marchés, eux, continuent d’anticiper deux hausses de taux d'ici la fin de l'année, à partir de la fin du printemps, un scénario que certains jugent crédible. Le Conseil des gouverneurs se réunira les 10 et 11 juin. "La BCE pourra en effet délivrer des hausses de taux cette année, mais difficilement au-delà de ce qui est déjà dans les prix", juge Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.
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