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Astorg s’offre un carve-out de choix à 1,08 milliard de dollars chez Thermo Fisher / Dixième investissement pour le fonds VIII
Le déploiement d’Astorg VIII reprend de la vitesse. La société de capital-investissement paneuropéenne a annoncé lundi la signature d’un accord définitif pour acquérir l’activité microbiologie de Thermo Fisher Scientific, géant américain des sciences de la vie, pour environ 1,075 milliard de dollars. Il s’agit du dixième investissement de son fonds phare, qui accélère après une phase d’attente prolongée. Le neuvième, Solabia, fournisseur français d’ingrédients biotech pour la cosmétique, la nutrition et la santé, avait été dévoilé en mai 2025. Le huitième, Lebronze alloys, leader mondial des alliages de cuivre de spécialité, remontait pour sa part à octobre 2024. Barkene, annoncé fin mars, relevait quant à lui du véhicule Astorg Mid-Cap et non d’Astorg VIII.
À l’origine, le fonds, bouclé en mai 2024 à 4,4 milliards d’euros, a été conçu pour cibler des leaders mondiaux B2B de niche dans quatre verticales : santé, technologie, services aux entreprises et industrie. Dix investissements plus tard, le portefeuille réunit des actifs aussi variés qu’Audiotonix, spécialiste britannique des équipements audio professionnels acquis en avril 2024, Acturis, éditeur de logiciels pour l’assurance, Steliau Technology, distributeur européen de composants et solutions électroniques racheté en mars 2024, ou encore Sofico, groupe belge de logiciels dédiés au financement automobile et à la gestion de flottes, entré en portefeuille en novembre 2023.
La microbiologie à grande échelle
La cible de la dernière opération annoncée est de taille. L’activité microbiologie de Thermo Fisher emploie environ 2 400 personnes, dispose de 13 sites de production et de R&D dans le monde, et sert quelque 15 000 clients exploitant plus de 38 000 laboratoires dans plus de 100 pays. Elle a généré 645 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, ce qui souligne le poids de l’actif au sein du groupe américain. Ses marques Remel et Oxoid font figure de références dans les tests pour les sciences de la vie et la sécurité alimentaire.
Le périmètre couvre deux métiers principaux : les tests de sensibilité aux antimicrobiens, segment clé du diagnostic clinique, et les milieux de culture utilisés dans les contrôles pharmaceutiques et agroalimentaires. Il ne s’agit pas d’un actif marginal pour Thermo Fisher, mais d’une activité spécialisée, rentable et fortement exposée aux consommables, que le groupe américain a choisi de céder dans le cadre d’un recentrage sur des segments plus technologiques.
Des revenus récurrents très recherchés
Pour Astorg, l’attrait tient précisément à cette structure de revenus. Plus de 95 % du chiffre d’affaires est récurrent, tiré par la vente de consommables à une clientèle fidèle et contrainte par ses protocoles. Un modèle qui amortit les cycles et offre une visibilité rare. Les moteurs de long terme sont eux aussi solides : complexification des pathologies infectieuses, durcissement des normes mondiales de sécurité alimentaire, montée des exigences de contrôle qualité dans la pharmacie. Autant de facteurs qui soutiennent une demande difficilement compressible. « Le modèle fondé sur les consommables fournit des produits clés sur des marchés portés par une croissance structurelle forte et durable », résument Olivier Lieven, associé, et Paul Arhanchiague, directeur général d’Astorg.
La nature de l’opération mérite l’attention : il s’agit d’un carve-out complexe, extrait d’un groupe coté de tout premier plan sur un périmètre mondial. « Cet investissement reflète notre forte conviction dans le diagnostic en microbiologie et illustre l’approche d’Astorg en matière de montage créatif, en mobilisant une expertise sectorielle approfondie pour identifier des actifs mondiaux, naviguer dans la complexité et la traduire en une stratégie de croissance claire et exécutable », souligne Judith Charpentier, co-managing partner et responsable santé chez Astorg.
La santé, terrain de prédilection
Une fois l’entité émancipée, la feuille de route repose sur trois leviers : accélération de la croissance organique, acquisitions ciblées et renforcement des capacités opérationnelles. La plateforme ainsi créée aurait vocation à consolider un marché encore fragmenté, notamment dans les milieux de culture et les réactifs de microbiologie clinique.
Astorg a bâti une large part de sa réputation dans la santé en développant des plateformes spécialisées à dimension internationale. Le fonds entend manifestement reproduire cette recette sur un actif dont il juge le potentiel autonome important. La santé constitue d’ailleurs son premier secteur d’investissement, avec environ 8 milliards d’euros engagés à ce jour, co-investissements compris, soit près de 40 % du portefeuille. La clôture de la transaction, soumise aux autorisations réglementaires habituelles, est attendue au second semestre 2026.
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