Macro-économie / Taux / Dépenses / militaire
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Les dépenses militaires continuent à exploser / Le réveil de l’Europe y contribue très largement
Les années passent et les milliards s’accumulent pour le secteur de la défense. L’insécurité latente pousse de plus en plus d’États à acter qu’ils ne pourront plus toucher « les dividendes de la paix ». Emmanuel Macron, le président de la République, estimant l’an dernier qu’il « ne tient qu’à nous que nos enfants récoltent demain les dividendes de nos engagements ». La France est loin d’être le seul pays à s’être engagé dans la voie d’un réarmement rapide amené à se poursuivre.
La dynamique semble loin de toucher à sa fin en croire Xiao Liang, chercheur au programme Dépenses militaires et production d’armements de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), lequel considère que les États ont « réagi à une nouvelle année de guerres, d’incertitudes et de bouleversements géopolitiques par des programmes d’armement à grande échelle ». D’autant plus que si la croissance paraît ralentir en 2025 rapportée à la hausse enregistrée en 2024 – de 9,7 % -, cela ne semble temporaire à en croire le spécialiste.
Marche en avant
La dynamique récente est en effet essentiellement due au repli des dépenses militaires des États-Unis à quelque 954 milliards de dollars, en baisse de 7,5 % entre 2024 et 2025. Un phénomène que l’expert explique essentiellement par le « fait qu’aucune nouvelle aide financière militaire à l’Ukraine n’a été approuvé au cours de l’année ». Les trois exercices précédents ayant vu un total de 127 milliards de dollars être approuvé. En y ajoutant le fait que Washington ait décidé de porter l’effort sur des capacités militaires accrues – tant nucléaires que conventionnelles – tout est réuni pour que le recul des dépenses militaires américaines en 2025 soit éphémère.
Le chiffrage des dépenses militaires approuvées par le Congrès pour l’année 2026 en témoigne, le seuil des 1 000 milliards de dollars ayant déjà été franchi. Nan Tian, directeur du programme Dépenses militaires et production d’armements du Sipri, explique qu’il s’agit d’une « augmentation substantielle par rapport à 2025, et [cette somme pourrait] atteindre 1 500 milliards de dollars en 2027 si la dernière proposition budgétaire du président Trump était adoptée ».
Réveil
Les dépenses militaires devraient d’autant moins être amenées à ralentir que l’Europe est loin de penser à lever le pied de l’accélérateur. Le Vieux continent ayant augmenté de 14 % les fonds alloués à cette fin l’an dernier – pour un total de 864 milliards de dollars. Le conflit entre l’Ukraine et la Russie ne semble pas trouver d’issue et obligeant les deux camps à dépenser autant que possible alors même que les autres pays européens se réarment au plus vite. Moscou dépense ainsi l’équivalent de 7,5 % de son PIB en dépenses militaires - 190 milliards de dollars, là où Kiev y consacre 40 % du sien – 84,1 milliards de dollars.
Là encore en l’absence d’un arrêt des combats difficile de voir ces sommes décroître, Lorenzo Scarazzato, chercheur au programme Dépenses militaires et production d’armements du Sipri, partage cet avis. Le membre de l’institution exposant que dans le cas où le conflit se poursuit, leurs dépenses militaires russes et ukrainiennes « devraient continuer à augmenter en 2026, compte tenu de la hausse des recettes pétrolières russes et de l’important prêt que l’Ukraine devrait recevoir de l’Union européenne ». Le reste du continent emboîte le pas avec une hausse de 24 % sur un an en Allemagne – pour un total de 114 milliards de dollars – et encore davantage en Espagne avec une progression de 50 % sur la période – pour arriver à quelque 40,2 milliards de dollars.
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