WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

France : un objectif de redressement budgétaire pour 2026 sous pression / Beaucoup de cases à cocher, argue le Haut Conseil des finances publiques

S’il juge le scénario macroéconomique du gouvernement globalement cohérent, le Haut Conseil des finances publiques alerte sur la fragilité de la trajectoire budgétaire pour 2026. Entre choc énergétique, croissance limitée et dépenses difficiles à contenir, l’objectif de redressement repose sur une série de conditions exigeantes et loin d’être garanties.
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par ADNAN FARZAT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par ADNAN FARZAT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Le diagnostic est nuancé, mais l’avertissement est clair. Dans son analyse, réalisée à l’occasion de l’examen du Rapport d’avancement annuel (RAA - document envoyé à Bruxelles qui actualise les prévisions macroéconomiques et de finances publiques hexagonales), le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) valide l’architecture d’ensemble des prévisions du gouvernement pour 2026, tout en soulignant à quel point la trajectoire de redressement des comptes publics apparaît exposée.

L’objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB n’est pas hors de portée, mais il dépend d’un enchaînement de facteurs favorables dont aucun n’est acquis.

Le gouvernement table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) en volume de 0,9 % en 2026, un niveau jugé plausible par le Haut Conseil et conforme à ce qui est attendu par le consensus. Cette croissance repose toutefois sur une hypothèse centrale : une détente progressive des prix de l’énergie à partir de l’été.

Le scénario retient un baril de pétrole autour de 100 dollars à court terme, avant un reflux vers 80 dollars en fin d’année. Cette normalisation permettrait de contenir l’impact du choc inflationniste, estimé à −0,2 point de croissance. Mais elle constitue aussi le principal point de vulnérabilité de la prévision. Le Haut Conseil souligne que les scénarios alternatifs, intégrant des prix de l’énergie durablement élevés, conduiraient à une croissance nettement plus faible et à une inflation plus forte.

Dans ce contexte, la capacité à redresser les finances publiques devient plus incertaine. L’objectif de déficit à 5 % du PIB repose sur une combinaison de facteurs qui doivent tous être réunis, affirme le HCFP.

Le premier pilier de la trajectoire repose sur la réalisation d’économies budgétaires à hauteur de 4 milliards d’euros sur l’État et les administrations de sécurité sociale. Mais dans les faits, sa crédibilité reste partielle. Le Haut Conseil insiste sur un point clé : ces économies sont encore peu documentées. À noter que le HCFP a été saisi avant le comité d’alerte sur les finances publiques ayant eu lieu hier. Or, à cette occasion, le gouvernement a évoqué la nécessité de potentiellement stopper (surgel ou annulation), non pas 4, mais 6 milliards d’euros de dépenses publiques, ce qui équivaut, selon lui, au coût du choc pétrolier. L’effort serait assumé aux deux tiers par l’État et le reste par la Sécurité sociale. Des travaux sont en cours pour examiner sur quelles missions porterait l’ajustement.

Par ailleurs, le RAA a revu à la baisse la trajectoire des dépenses des collectivités locales en lien avec les bonnes surprises sur l’exécution 2025. « Les risques de hausses de dépenses liées à l’inflation, l’absence de frein significatif sur les recettes et les profils atypiques de dépenses locales observés ces dernières années sont une source d’incertitude », indique le HCFP.

L’organisme rattaché à la Cour des comptes souligne également que l’atteinte de l’objectif de déficit public suppose l’absence de mesures discrétionnaires non financées en réponse à la crise énergétique. David Amiel, ministre des Comptes publics, a récemment prévenu qu’"un euro de plus dépensé en 2026" serait "un euro annulé ailleurs".

"La prévision de déficit reste de plus soumise aux incertitudes mentionnées sur le scénario économique et l’évolution des recettes", conclut le HCFP.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article