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Tim Cook s’apprête à quitter la direction générale d’Apple sur un bilan probant / John Ternus, un choix interne de continuité qui devra composer avec de nouveaux défis
Si la succession de Tim Cook à la tête d’Apple était prévue, elle a finalement été actée plus rapidement que prévu. Lundi soir, la marque à la pomme a annoncé que celui qui avait succédé à l’incontournable Steve Jobs en 2011 allait quitter sa direction générale, à compter du mois de septembre. Il passera alors le relais à John Ternus, jusqu’alors vice-président de l’ingénierie des produits physiques d’Apple – soit les iPhone, les Mac ou les iPad, entre autres – et déjà membre du comité exécutif. Tim Cook deviendra quant à lui président exécutif du groupe, succédant ainsi à Arthur Levinson.
Ces quinze années de direction lui auront permis de bâtir un héritage solide. Déjà extrêmement puissante lors de son arrivée à la tête du groupe, portée par ses grandes innovations, la firme de Cupertino a aussi considérablement grandi sous sa houlette. Depuis août 2011, date de sa prise de fonction, sa capitalisation boursière a été multipliée par plus de dix, passant d’environ 350 milliards de dollars à quelque 4 100 milliards de dollars aujourd’hui. Le groupe est désormais devancé par d’autres vedettes de la Silicon Valley, comme Nvidia et Alphabet, considérées comme étant plus à même de tirer parti de l’essor de l’intelligence artificielle (IA) qu’Apple et ayant profité de ce vent sur les marchés.
Point d’attention
Il est vrai que la stratégie d’IA du groupe suscite des interrogations chez les analystes financiers et les investisseurs. Il lui est parfois reproché d’être trop timide sur ce front, voire retardataire, bien que la bataille ne fasse que commencer. L’iPhone, comme l’ensemble de ses produits, reste une porte d’entrée idéale pour diffuser des technologies d’IA à grande échelle – et en tirer ainsi parti sur le plan de la monétisation –, à commencer par Siri, son assistant vocal, dont le lancement de la dernière version reste attendu. C’est aussi pour accélérer en ce sens qu’Apple a récemment annoncé avoir conclu un partenariat pluriannuel avec Google, afin de mettre son modèle d’IA générative au profit de ses fonctionnalités. D’un autre côté, la firme vient aussi de mettre la main sur la start-up Q. ai, qui permet d’analyser les expressions faciales et de les rendre intelligibles pour les machines.
D’autant que le cœur de métier d’Apple n’a pas perdu en popularité, bien au contraire, puisque ses derniers résultats trimestriels lui ont permis de faire état d’un nouveau record de ventes d’iPhone, portées par le succès du lancement de l’iPhone 17. Certes, de nouveaux produits "de rupture" n’ont pas été lancés sous le règne de Tim Cook, comme ce fut le cas avec le premier iPhone en 2007, ou bien n’ont pas rencontré un succès de masse. Son casque de réalité virtuelle, Vision Pro, reste par exemple un produit de niche. Mais les adeptes d’Apple sont toujours au rendez-vous : au mois de janvier, la base installée d’appareils actifs du groupe avait atteint un nouveau record, de plus de 2,5 milliards selon plusieurs estimations, allant de son produit phare, aux iPad et iMac. Sous la houlette de Tim Cook, l’Apple Watch ou les AirPods ont aussi été mis sur le marché : de quoi continuer à bâtir un écosystème « Apple » robuste pour les consommateurs, permettant de les retenir, et renforcer encore l’architecture d’une plateforme qui a fait son succès.
Une plateforme qui a par ailleurs été étoffée par la diversification d’Apple dans les services (App Store, iCloud, Apple Music, Apple TV +, entre autres) menée par son directeur général, qui volent de record en record et revendiquant à ce jour plus d’un milliard d’abonnés. À fin 2025, la firme avait en tout cas réalisé 416 milliards de dollars de chiffre d’affaires (dont environ un quart provenant des services) et 112 milliards de dollars de bénéfices nets. Des indicateurs qui ont respectivement été multipliés par environ quatre depuis la fin de l’année 2011.
Des promesses d’investissement de taille
Le dirigeant aura aussi été à la barre lors de plusieurs crises et épisodes de turbulences, à l’instar de la pandémie ayant perturbé ses lignes de production, du recul de ses ventes en Chine, l’un de ses marchés principaux – elles ont renoué avec la croissance au titre du premier trimestre de son exercice fiscal de 2026 – ou encore de la guerre commerciale menée par Donald Trump, qui aurait pu placer le groupe en première ligne. Tim Cook, décidé à arrondir les angles avec le président américain et à répondre à ses appels à rapatrier sa production sur le sol américain, avait procédé à de grandes annonces d’investissements, en amont et en aval de son fameux « Liberation Day ». Au total, l’enveloppe s’élève à 600 milliards de dollars, ce qui devrait permettre de soutenir la création de 20 000 emplois sur le territoire, d’étendre ses centres de données et la production de serveurs.
Au regard du profil d’ingénieur et de spécialiste des produits matériels du successeur de Tim Cook, nul doute que le mandat de John Ternus devrait s’inscrire dans la continuité du premier, tout en répondant au défi d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire du groupe, qui vient tout juste de fêter ses 50 ans. "Ayant passé la quasi-totalité de ma carrière chez Apple, j’ai eu la chance de travailler sous la direction de Steve Jobs et d’avoir Tim Cook comme mentor. Ce fut un privilège de contribuer à façonner les produits et les expériences qui ont tant transformé notre façon d’interagir avec le monde et les uns avec les autres. Je suis plein d’optimisme quant à ce que nous pouvons accomplir dans les années à venir, et je suis ravi de savoir que les personnes les plus talentueuses au monde se trouvent chez Apple, déterminées à participer à quelque chose de plus grand que chacun d’entre nous", a assuré le futur dirigeant d’Apple à l’occasion de l’annonce. En tant que président exécutif, Tim Cook continuera de son côté à contribuer à plusieurs aspects de l’entreprise, notamment en dialoguant avec les décideurs politiques du monde entier, explique Apple.
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