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Reed Hastings quitte un Netflix déterminé à avancer sans Warner Bros / Le chèque d'indemnité de rupture s'élève à près de 3 milliards de dollars
L’un des architectes de Netflix s’apprête à quitter sa maison. Le géant du streaming a annoncé, à l’occasion de ses résultats trimestriels que son président, Reed Hastings, le quittera en juin. En effet, celui qui fait partie des co-fondateurs de l’entreprise, née en 1997, ne sollicitera pas de réélection au conseil d'administration lors de l’assemblée générale des actionnaires en juin prochain, afin notamment de se concentrer sur ses activités philanthropiques, précise le groupe. Il avait déjà quitté la co-direction générale de Netflix en janvier 2023, désormais partagée par Ted Sarandos et Greg Peters.
L’annonce semble avoir troublé les investisseurs, puisque le titre abandonne plus de 9 % vendredi à Wall Street. Leur attention s’est aussi sûrement concentrée sur des perspectives plus prudentes, alors que le groupe estime que ses revenus grimperont de 12 %, sur un an et à taux de change constants, au titre du deuxième trimestre. Un rythme inférieur à celui enregistré au deuxième trimestre de 2025, ainsi que sur les trois premiers mois de l’année. Le chiffre d'affaires est en effet ressorti en hausse de 14 % au titre du premier trimestre de 2026, à 12,25 milliards de dollars. Supérieur aux attentes du groupe, indique ce dernier, il a notamment été tiré par des revenus découlant des abonnements plus importants que prévu.
Une amélioration anticipée
Le résultat opérationnel, en hausse de 18 % (à près de 4 milliards de dollars) s'accompagne d'une marge de 32,3 % contre 31,7 % un an plus tôt. Pour le trimestre à venir, Netflix prévoit que sa marge opérationnelle sera de 32,6 %, contre 34,1, % à la même période en 2025. Le groupe indique attendre une amélioration séquentielle de sa marge au long de l’année, ce qui lui permettra d’atteindre ses objectifs annuels.
Il s’agit de la première publication financière de Netflix depuis que le groupe a décidé de jeter l’éponge sur le dossier du rachat de Warner Bros, qui devait pourtant lui être acquis, à la faveur de son rival Paramount Skydance, se refusant à faire grimper les enchères. Cette acquisition, bien qu’ayant du sens sur le plan stratégique, aurait peut-être été cher payée pour les avantages et perspectives apportés – c’est ce que Wall Street semblait en tout cas penser, au regard du bond de 14 % qu’avait enregistré Netflix en séance à la suite de l’annonce, fin février, de cet abandon.
Reste que la non-réalisation de l’opération aura permis à Netflix d’empocher, comme prévu, un chèque de 2,8 milliards de dollars de frais d’indemnisation à la suite de la rupture du contrat, puisque les deux firmes étaient liées par un accord. Une somme qui, ajoutée à un résultat opérationnel meilleur qu’anticipé, a mécaniquement fait bondir de 86 % le bénéfice par action, indicateur très surveillé par les investisseurs américains, qui a ainsi atteint 1,23 dollar sur le trimestre. Le groupe a également indiqué avoir repris ses rachats d’actions au cours de la période, qu’il avait mis en suspens pour conserver des marges de manœuvre dans le cadre de cette acquisition. « Warner Bros. aurait pu constituer un bon accélérateur pour notre stratégie, mais uniquement à un prix raisonnable. Nous disposons de plusieurs moyens pour atteindre nos objectifs (notamment la production, l’octroi de licences et les partenariats) et nous cherchons constamment à affecter nos ressources aux opportunités les plus intéressantes afin de maximiser la valeur que nous apportons à nos membres », a en tout cas indiqué Netflix lors de cette publication.
Trois vecteurs
Netflix explique ainsi vouloir accélérer sur trois terrains principaux, s’appuyant sur une audience approchant le milliard d’individus. Fournir davantage de divertissements de qualité, tout d’abord : « Nous continuons à consacrer la grande majorité de notre budget de contenu à nos séries phares et à nos films. L’un des indicateurs de notre performance est l’engagement, qui ne se mesure pas seulement au nombre d’heures visionnées, mais aussi à la qualité de cette expérience pour notre public. Au premier trimestre, nous avons réalisé des progrès notables, notre principal indicateur interne de qualité ayant atteint un niveau record », explique le groupe. Il y a ensuite l’utilisation de la technologie pour améliorer ses services et son business et, enfin, l’affinage de la monétisation.
« En résumé, le secteur du divertissement reste extrêmement dynamique et très concurrentiel. Aujourd’hui, nos principaux concurrents sont notamment Alphabet, Amazon, Apple, Comcast, Disney, des entreprises de médias locales du monde entier, Meta, Roblox et TikTok, pour n’en citer que quelques-uns », observe Netflix, estimant que ses marges de progression restent vastes. « Nous restons par ailleurs extrêmement modestes : nous représentons environ 5 % de l’audience télévisuelle mondiale, et à la fin de l’année 2025, nous avions pénétré moins de 45 % de notre marché potentiel total des foyers équipés du haut débit », explique ainsi le groupe.
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