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Orange, Free et Bouygues Telecom mettent 20,35 milliards d’euros sur la table pour racheter SFR / Ils sont entrés en négociations exclusives avec Altice France
Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange ont annoncé ce vendredi matin être entrés en négociations exclusives avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR. L’offre porte sur un montant total de 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise pour les actifs considérés, soit la plupart de ceux d’Altice France - SFR, excluant les participations dans les sociétés ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe de Patrick Drahi dans les départements et les régions d’outre-mer.
C’est donc avec une offre relevée de quelque 3 milliards d’euros (elle était de 17 milliards d’euros en octobre et faisait ressortir une valeur d’entreprise implicite indicative pour l’ensemble d’Altice France de plus de 21 milliards d’euros) que les trois opérateurs sont parvenus à entamer ces négociations exclusives, alors que la première mouture de leur proposition avait été immédiatement rejetée par la direction d’Altice France. Le trio avait par la suite annoncé maintenir son offre, tandis qu’il avait aussi fait savoir, en début d’année, que les travaux de due diligence avaient été entamés – précisant, alors, qu’il n’existait pas de certitude qu’elles aboutissent à la proposition d’une nouvelle offre.
Bouygues Telecom sur le B2B
La répartition du périmètre cible reste substantiellement la même. L’activité et la clientèle B2B seraient néanmoins désormais reprises uniquement par Bouygues Telecom, qui devait déjà principalement les reprendre (aux côtés de Free-Groupe Iliad, mais donc dans une moindre mesure). Le B2C serait partagé entre les trois, tout comme les autres actifs et ressources (infrastructures, fréquences, notamment), à l’exception du réseau mobile de SFR en zone non dense, qui serait repris par Bouygues Telecom. La répartition du prix et de la valeur reste sensiblement la même, avec 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free-Groupe Iliad et 27 % pour Orange (Free ayant augmenté son apport de 1 %, celui de Bouygues Telecom ayant baissé du même ordre par rapport à la première offre). Altice France a octroyé une période d’exclusivité au consortium, jusqu’au 15 mai prochain, afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction.
Les trois opérateurs de télécommunications mettent en avant les avantages de l’opération : renforcer les investissements, consolider la maîtrise d’infrastructures stratégiques pour le pays, préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs, le tout au cœur d’un marché mature. "Cette opération, socialement responsable, permettrait de pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur de l’économie numérique et des télécommunications en France", ajoutent-ils. Elle sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel compétentes et devra, évidemment, faire l’objet des autorisations réglementaires requises par les autorités compétentes, au titre du contrôle des concentrations, en France ou à Bruxelles, où une révision des lignes directrices sur le contrôle des concentrations se prépare. Nul doute que l’exécutif français y sera en tout cas attentif, puisque Roland Lescure, ministre de l’Economie et des Finances, avait déjà annoncé, en octobre dernier, qu’il y serait vigilant, notamment au regard de la question de l’impact sur les prix pour les consommateurs. "Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée", indique le consortium.
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