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Macro-économie / Taux

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Actualisation de la programmation militaire : une équation budgétaire toujours plus sous tension / Des marges de manœuvre réduites peu à peu à peau de chagrin

L’actualisation de la programmation militaire (+ 36 milliards d’euros entre 2026 et 2030) vient percuter une trajectoire budgétaire déjà étroitement encadrée par les engagements européens de la France. Le Haut Conseil des finances publiques alerte sur un effet d’éviction croissant au sein des dépenses publiques.
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par TOM NICHOLSON / POOL / AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par TOM NICHOLSON / POOL / AFP

La défense resserre l’étau budgétaire. Alors que Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, a présenté en Conseil des ministres le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 (PLAPM), un avis du Haut conseil des finances publiques (HCFP) vient de mettre en lumière une tension croissante entre l’effort de réarmement et les engagements de la France en matière de redressement budgétaire. Et pour cause, le PLAPM prévoit une trajectoire de ressources rehaussée de 36 milliards d’euros sur 2026-2030, dont 10 milliards d’euros d’ici 2027.

« Le projet de loi traduit un effort dans des domaines prioritaires : la dissuasion nucléaire, l’alerte avancée, la défense aérienne (dont défense surface-air et lutte anti-drones), les feux dans la profondeur, les munitions, les drones, l’espace, la guerre électromagnétique, l’innovation opérationnelle, la préparation opérationnelle, l’engagement terrestre, le combat naval, l’aviation de combat, l’aviation de transport ou encore la cohésion nationale », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres, qui évoque une « évolution majeure » du cadre géopolitique, opérationnel et capacitaire.

Ceci a lieu dans un contexte où la France s’est engagée auprès de ses partenaires européens à limiter la croissance de sa dépense primaire nette (dépenses publiques en valeur hors charges d’intérêts et ajustées des mesures nouvelles en recettes - DPN) pour réduire son déficit public au cours des années à venir. Dans le détail, elle ne doit pas progresser de plus de 1,2 % en 2026, en 2027 et 2028 puis de 1,1 % en 2029 et 2030.

Si l’on convertit cela en euros sonnants et trébuchants (hors mesures de hausses de prélèvements obligatoires), cela suppose de limiter la progression de la dépense primaire à environ 20 milliards d’euros chaque année entre 2027 et 2030.

« Les dépenses d’ores et déjà programmées par les lois de programmation pluriannuelles en vigueur, auxquelles s’ajouteraient les marches additionnelles programmées par le PLAPM, préemptent une part de cette marge de manœuvre, de plus de 8 milliards d’euros en 2027 (plus de 6 milliards d’euros en 2028 et de l’ordre de 5 milliards d’euros en 2029-2030) », pointe le HCFP.

Ainsi, l’institution rattachée à la Cour des comptes a calculé que la dépense hors lois de programmation sectorielle et charge d’intérêts de l’ensemble des administrations publiques ne pourra pas augmenter de plus de 11 milliards d’euros à 15 milliards d’euros par an entre 2027 et 2030, hors effet d’éventuelles mesures nouvelles de prélèvements obligatoires. "Cela marquerait un net ralentissement, puisque le même agrégat aurait progressé de 36 milliards d’euros en 2025 et devrait augmenter encore de 25 milliards d’euros en 2026, selon les prévisions sous-jacentes à la LFI 2026", souligne le HCFP.

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