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Macro-économie / Taux

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Climat : les territoires face à l’épreuve de vérité / Entre avancées réelles et manque d’ambition

Malgré une montée en puissance des politiques climatiques locales depuis vingt ans, leur efficacité reste entravée par une gouvernance complexe, des moyens insuffisants et un manque d’alignement avec les objectifs nationaux, alerte le Haut conseil pour le climat (HCC) dans son dernier rapport.
Photo par JEAN-MICHEL DELAGE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par JEAN-MICHEL DELAGE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

L’action climatique locale progresse, mais trop lentement. Les territoires sont devenus des acteurs incontournables de la transition écologique. Pourtant, leur action reste encore en deçà des enjeux. C’est ce qui ressort d’un rapport du Haut conseil pour le climat.

Depuis le début des années 2000, l’action locale s’est structurée à travers une multiplication d’outils de planification, des schémas régionaux aux plans climat intercommunaux. Aujourd’hui, près de 76 % de la population française est couverte par un plan climat-air-énergie territorial (PCAET).

Mais cette montée en puissance masque une réalité plus contrastée. « Face à cette complexité, l’efficacité de l’action climatique dépend d’une intégration cohérente des besoins, des objectifs, des moyens d’action et des dispositifs de suivi », insiste le HCC. Or, cette cohérence fait souvent défaut.

L’un des problèmes est une gouvernance à plusieurs niveaux, où se croisent État, régions, intercommunalités et acteurs locaux. Cette organisation, si elle permet une adaptation aux réalités locales, engendre aussi des incohérences.

Certaines politiques sectorielles (transports, agriculture, urbanisme) restent pilotées à des échelles différentes, parfois en contradiction avec les objectifs climatiques. Résultat : « le manque d’intégration des enjeux climatiques à l’ensemble des politiques publiques territoriales peut limiter l’atteinte des objectifs ».

Le financement est un autre frein majeur. Si les collectivités investissent déjà massivement – près de 8 milliards d’euros par an pour la décarbonation –, ces efforts restent insuffisants. Le HCC pointe « un décalage important entre le besoin et le niveau d’investissement actuel ».

Pour atteindre les objectifs climatiques, les investissements devraient bondir de 130 % pour les communes, 240 % pour les départements. Un effort colossal, d’autant que les moyens humains et techniques manquent aussi. « Des moyens humains conséquents et des compétences spécialisées sont indispensables », insiste le rapport.

Si la couverture territoriale des plans climat s’est améliorée, leur qualité et leur ambition restent très variables. Les objectifs sont souvent « définis dans une logique mimétique et a-territoriale », sans réelle adaptation aux spécificités locales.

Les enjeux d’adaptation, pourtant cruciaux face à l’intensification des aléas climatiques, sont encore trop peu intégrés. « Les territoires sont en première ligne des impacts du changement climatique », rappelle le HCC, qui souligne des vulnérabilités très inégales selon les régions.

Enfin, le rapport insiste sur un angle mort : l’évaluation des politiques publiques. « Les évaluations portant spécifiquement sur les résultats concrets […] restent encore rares », note le HCC. Les outils existent, mais les données sont « éparses, hétérogènes et peu comparables ».

Pour y remédier, l’institution appelle à renforcer le suivi, harmoniser les indicateurs et mieux articuler les stratégies nationales et locales. « L’atteinte des objectifs de neutralité carbone […] doit être placée au cœur de toutes les politiques territoriales », martèle le rapport.

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