Macro-économie / Taux
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France : une désépargne qui se fait désirer / Plongée dans la tête des ménages
Une prudence persistante. Début 2026, les comportements financiers des ménages français restent marqués par la retenue. D’après une étude de l’Insee, 45 % d’entre eux déclarent mettre de l’argent de côté, un niveau supérieur à celui d’avant la crise sanitaire et stable depuis un an. Pour mémoire, après un plus haut, hors crise sanitaire, de 45 ans au deuxième trimestre 2025, à 18,7%, le taux d’épargne est passé à 17,9% du revenu disponible au dernier trimestre 2025. En moyenne, sur la décennie 2010, il se situait à 14,6%.
Ce maintien à un niveau élevé traduit moins une amélioration du pouvoir d’achat qu’un changement durable des comportements. Depuis la pandémie et les chocs inflationnistes récents, l’incertitude s’est installée dans les arbitrages budgétaires. Résultat : l’épargne de précaution domine toujours largement. Plus d’un épargnant sur deux met de côté pour anticiper les coups durs.
Mais derrière cette stabilité apparente, des recompositions sont à l’œuvre. Les projets immobiliers regagnent en importance, signe d’un certain retour de la confiance à long terme. À l’inverse, les dépenses importantes hors immobilier reculent.
Si la part des ménages épargnants augmente dans toutes les catégories de revenus, elle progresse davantage chez les plus favorisés. Depuis deux ans, les hausses les plus nettes concernent les troisième et quatrième quartiles de niveau de vie. À l’inverse, les ménages les plus modestes restent proches de leur situation d’avant-crise.
Dans le même temps, les situations les plus fragiles reculent légèrement. La part des ménages déclarant s’endetter ou puiser dans leurs réserves diminue, tout comme celle de ceux qui disent « boucler juste » leur budget. Un signal d’amélioration relative, mais qui ne suffit pas à relancer la consommation.
Car du côté des dépenses, la retenue reste massive. En janvier 2026, 71 % des ménages déclarent limiter leur consommation, un niveau quasi inchangé sur un an.
Les raisons invoquées sont sans ambiguïté. Les contraintes financières arrivent largement en tête, citées par plus d’un tiers des ménages. L’épargne constitue le deuxième moteur de cette modération.
En revanche, la dimension environnementale recule nettement. Seuls 9 % des ménages déclarent restreindre leur consommation pour réduire leur impact écologique, contre 13 % un an auparavant. Une baisse particulièrement marquée chez les ménages les plus aisés.
L'étude nous apprend que les perspectives de consommation restent limitées, même en cas d’amélioration financière. Interrogés sur l’utilisation d’un éventuel surplus de revenus, seuls 19 % des ménages déclarent qu’ils augmenteraient leurs dépenses. À l’inverse, près de deux sur trois privilégieraient l’épargne ou le remboursement anticipé de prêts.
Cette préférence pour la sécurité financière se retrouve dans toutes les catégories de population, avec des nuances selon l’âge. Les jeunes privilégient très largement l’épargne, tandis que les plus de 64 ans se distinguent par une plus forte propension à effectuer des dons.
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