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Getlink suscite décidément l’intérêt de ses actionnaires / Après Eiffage, Mundys muscle sa position au capital de l'exploitant de l'Eurotunnel

L’entreprise contrôlée par la holding de la famille Benetton, actionnaire de l’exploitant de l’Eurotunnel depuis 2018, entend grimper encore à son capital. L’opération s’effectuera en deux temps et pourrait lui permettre d’y monter jusqu’à 25 %. De quoi conforter pour le groupe, déjà bien exposé aux actifs d’infrastructures en France - notamment sur le plan des autoroutes, au travers de sa filiale Abertis -, sa place de deuxième actionnaire derrière Eiffage, qui vient lui aussi de renforcer ses positions chez Getlink.
Des bornes automatisées du système d'entrée/sortie de l'Union européenne (EES) sont présentées lors d'une conférence de presse organisée à l'Eurotunnel, dans le sud-est de l'Angleterre, le 23 septembre 2025,
à l'occasion du lancement du nouveau système d'entrée/sortie de l'UE (EES).
Des bornes automatisées du système d'entrée/sortie de l'Union européenne (EES) sont présentées lors d'une conférence de presse organisée à l'Eurotunnel, dans le sud-est de l'Angleterre, le 23 septembre 2025, à l'occasion du lancement du nouveau système d'entrée/sortie de l'UE (EES).

Les investisseurs de Getlink sont enclins à renforcer leur poids à son capital. Le groupe italien Mundys, qui était devenu actionnaire de l’exploitant de l’Eurotunnel en 2018, a annoncé ce matin qu’il était en passe d’acquérir une nouvelle participation pouvant atteindre 9,5 % des parts de la société. Dans l’immédiat, 3,5 % du capital social du groupe français seront acquis. Mundys dispose d’une option d’achat supplémentaire de 6 %, conditionnée à l’obtention des autorisations réglementaires requises. Elles sont attendues rapidement, pour le mois d’avril, indique l’entreprise contrôlée par Edizione, holding fondée et contrôlée par la famille Benetton.

À la suite de la première acquisition de titres, l’ex-Atlantia détiendra 19 % du capital du groupe dirigé par Yann Leriche et jusqu’à 24,9 % de ses droits de vote, « s’imposant ainsi comme l’un des principaux actionnaires de la société », indique l’acquéreur. L’autorisation réglementaire une fois obtenue, Mundys aura la possibilité d’augmenter sa participation jusqu’à 25 % de son capital et un maximum de 29,9 % de ses droits de vote.

Si tel était le cas, alors Mundys conforterait effectivement bien sa position de deuxième actionnaire de l’entreprise. Le premier d’entre eux est, pour mémoire, Eiffage : entré lui aussi au capital de Getlink en 2018, le spécialiste français du BTP et des concessions a renforcé ses positions au fil du temps. En fin de semaine dernière, il avait annoncé avoir porté sa participation à 29,40 % du capital et 29,50 % des droits de vote, restant ainsi toujours sous le seuil de l’offre publique obligatoire.

Il s’agit en revanche, pour Mundys, de la première nouvelle montée au capital de Getlink, depuis qu’il avait mis la main sur 15,5 % de ses parts. Une position jugée « stratégique » par la société. Elle indique d’ailleurs qu’elle pourrait encore renforcer sa participation en fonction des conditions de marché, mais qu’elle n’a pas l’intention de prendre le contrôle de l’entreprise, ni de demander la nomination de membres supplémentaires au conseil d’administration – Andrea Mangoni, directeur général de Mundys et Elisabetta De Bernardi di Valsera, directrice de la gestion d’actifs du groupe, y siègent actuellement.

 

Un intérêt stratégique clair

 

Il faut dire que pour les acteurs des concessions, tout particulièrement dans le transport européen, l’intérêt stratégique de renforcer son exposition à Getlink apparaît clair. Tant en termes de diversification, que d’allongement de la durée de leur portefeuille, puisque l’entreprise est la société concessionnaire du tunnel sous la Manche jusqu’à 2086. Elle est aussi présente dans différents types de services, notamment dans les formalités douanières ou bien le transport d’électricité entre la France et le Royaume-Uni. L’entreprise vise par ailleurs à franchir le cap du milliard d’euros de rentabilité en 2030, tandis que ses différentes activités entendent tirer parti de divers leviers de croissance, dont celui d’une forte demande pour le trafic transmanche à grande vitesse.

À Mundys de préciser que cette acquisition de titres s’inscrit dans sa stratégie de renforcer ses investissements en France, un pays européen majeur pour son activité. Contrôlée donc par Edizione, la société dont Blackstone est le deuxième actionnaire gère en effet plusieurs concessions autoroutières et aéroportuaires majeures dans l’Hexagone, où elle fournit aussi des services de mobilité.

Si elle est présente dans 24 pays, la France représente son marché le plus important, avec une contribution de 28 % à l’Ebitda en 2025 sur les résultats consolidés. Mundys revendique 11 milliards d’euros d’investissements dans des actifs d’infrastructures français depuis le début de ses activités dans le pays, où quelque 6 000 personnes travaillent à son compte.

Au-delà de Getlink, les actifs du groupe en France comprennent par exemple les Aéroports de la Côte d’Azur, exploitant celui de Nice. Mais aussi plusieurs concessions autoroutières, gérées au travers de sa filiale Abertis, que le groupe de la famille Benetton détient avec l’espagnol ACS. Elle est connue pour détenir l’A63, dont elle vient d’acquérir la pleine propriété, ou encore la Société des autoroutes du Nord et de l’Est de la France (Sanef), dont le contrat de concession qui la lie à l’État français sera l’un des premiers à arriver à échéance parmi les principaux d’entre eux, en décembre 2031.

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