Macro-économie / Taux / Banque centrale européene / Francfort / grèce
Macro-économie / Taux
Banque centrale européene / Francfort / grèce
Les efforts grecs salués à Francfort / Athènes n’est pas au bout de ses peines
Un bon élève qui doit persévérer. Ce ne sont pas moins de quatre membres de la Banque centrale européenne (BCE) qui ont pris la plume pour souligner les progrès accomplis ces dernières années. Mêlant programmes d’ajustement macroéconomique et consolidation budgétaire, auxquels s’ajoute l’essentielle création du programme hellénique de protection des actifs. Ce dernier étant jugé comme ayant joué « un rôle clé, aidant les banques à titriser et à vendre environ 57 milliards d’euros de prêts non performants (PNP) d’ici 2025 ».
Le cercle vertueux s’étant mis en œuvre au fil des années a vu les conditions macroéconomiques s’améliorer peu à peu et la confiance emprunter le même chemin. Tandis que les fusions entre banques ont permis de consolider le secteur, lequel s’est mis simultanément à profiter « d’une liquidité plus forte, de bénéfices plus élevés et de meilleures positions en capital ». De quoi permettre à nouveau un financement plus important tant des ménages que des entreprises. Tout n’est pas rose pour autant avec « des micro et petites entreprises en Grèce - tout comme leurs pairs ailleurs - [qui] continuent de faire face à un accès limité au financement, en raison de perceptions de risque plus élevées, de garanties limitées et d’un coût d’emprunt plus élevé ».
Accélérer
Une certaine marge de manœuvre existerait du côté de la qualité institutionnelle - exprimée comme étant la combinaison de l’efficacité gouvernementale et de la qualité réglementaire à l’état de droit et au contrôle de la corruption. Les auteurs expliquant que la « position de la Grèce sur l’indice de livraison institutionnelle montre que, malgré des gains modestes au cours de la dernière décennie, il y a encore beaucoup de place pour l’amélioration ». Les efforts ne sont pas à relâcher au vu des gains possibles.
Les recherches menées par la BCE et relayées par ses membres, montrent également que de meilleures institutions en Grèce pourraient « avoir un impact significatif sur la composition de l’investissement ». Si le pays parvenait « à augmenter sa qualité institutionnelle à la moyenne de la zone euro, il pourrait augmenter d’environ cinq points de pourcentage la part de l’investissement privé dans les industries de haute technologie » explique-t-on du côté de Francfort. Où on se prend également à rêver qu’il puisse atteindre le niveau des États membres plus performants de la zone euro, de quoi laisser imaginer que « cet impact doublerait à peu près - poussant l’investissement de haute technologie à environ un quart de tous les investissements privés, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro ».
Faiblesses
D’autant plus que les stigmates des crises passées ne sont pas totalement cicatrisés, la dette due à l’Union européenne diminue certes tout en demeurant cependant d’une taille conséquente - de l’ordre de 90 % du PIB. De quoi faire dire aux auteurs que le voyage n’est pas encore terminé et que l’essentiel de cette dette est constituée de prêts « accordés à des taux d’intérêt préférentiels et à de longues échéances, ce qui réduit les besoins de financement annuel et les risques de roulement ».
Une autre dynamique pourrait mettre du temps à porter ses fruits, il s’agit de celle ayant permis à la Grèce de s’établir progressivement comme « un acteur, bien qu’un petit, dans les exportations manufacturières de haute technologie ». Les exportations ont beau représenter désormais plus de 35 % du PIB contre environ 21 % avant la crise, elles n’en demeurent pas moins « concentrées dans des secteurs sensibles aux développements géopolitiques et aux chocs de la demande mondiale, dont environ la moitié provient du tourisme, du transport maritime et de l’énergie ». Une amélioration à poursuivre est souhaitable dans la diversification des exportations pour permettre à la Grèce de devenir plus résistante aux chocs externes.
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